RDC : La Cour constitutionnelle dernière prise de Kabila

RDC : La Cour constitutionnelle dernière prise de Kabila

A 8 mois d’élections qui relèvent toujours de l’hypothétique, dont une présidentielle, 2 juges de la Cour constitutionnelle ont rendu la toge pour divergences profondes sur le glissement calendaire.

La tambouille entre la Cour constitutionnelle, la CENI et le gouvernement date du 17 octobre 2016, jour où ces 2 juges, Jean-Louis Esambo et Banyaku Luapo, ont été aux abonnés absents lors d’un conclave fondamental, puisque les grands juges devaient donner quitus à la CENI pour renvoyer les élections plus tard, et octroyer un second et dernier bail à Kabila. Si fait que 4 juges ont refusé d’apposer leur signature sur le document, infirmant le quorum. Plusieurs autres actes des magistrats de cette Cour sont autant de casus belli, à l’égard du pouvoir qui aurait voulu, une juridiction croupionne, chargée d’avaliser des baux illimités pour Kabila au palais de la Nation.

Généralement, les amateurs de pouvoir ad vitam (éternel) et ad libidum (sans limite d’âge) usent de la tripatouillite, soit à la hache ou au bistouri, comme c’est la cas actuellement au Tchad où subrepticement Idriss Déby Itno, avec cette Loi fondamentale de la IVe  République, monarchise son régime. En RD Congo, Kabila use d’une autre méthode moins élaborée, certes, mais tout aussi efficace, puisque l’ultime but est de demeurer au pouvoir. Avec le décès récent d’un des juges, 4 juges sur 9 qui doivent être nommés, et tout l’avenir politique et électoral du Congo, se jouera dans ces promotions de ces hommes en noir de la plus haute juridiction du pays.

A l’orée des élections, et surtout après, la Cour constitutionnelle a toujours été une structure, que les politiques tentent de caporaliser. Au Burkina Faso en 2014, lorsque ça tanguait recto-verso, sur la modification de l’article 37, un juge constitutionnel, Salifou Nébié, a trouvé la mort dans  des circonstances non encore élucidées. On saura plus tard qu’il était contre, et quelque part sa voix pouvait changer le cours des choses, même après le passage à l’hémicycle. Vrai ou faux ? Toujours est-il qu’on voit Kabila venir. Après avoir mis la CENI au pas, il ne manquait plus que ces juges, pour que l’ensemble, de son puzzle soit quasiment au complet.

Si fait, si c’est vrai qu’il se cherche un dauphin, dans sa galaxie où plusieurs étoiles brillent même à éclipses, si cette perspective est réelle, il faut tout de même à Kabila de baliser le terrain pour ce successeur. C’est dire que malgré l’Accord de la Saint-Sylvestre, malgré la bronca de l’Eglise dont les ouailles ont payé un lourd tribut humain, malgré les marches des Congolais, Kabila aura son mandat indu, même par procuration. Et c’est cette marche forcée qu’il a entamée politiquement, sécuritairement et maintenant juridiquement. Au peuple de réagir, d’accompagner les actes héroïques de ces juges démissionnaires !

Sam Chris

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