Référendum au Burundi:  Voici venus les jours du dieu-N’Kurunziza

Référendum au Burundi: Voici venus les jours du dieu-N’Kurunziza

Quand on a passé impunément ses populations au fil de la baïonnette, la FIDH a décompté 1 710 assassinats, 486 cas de disparition et 856 arrestations arbitraires depuis 2015 au Burundi.
– Quand on tue ou emprisonne ses opposants, ou contraint beaucoup à l’exil
– Quand on a marché sur des cadavres pour obtenir son 3e mandat indu en 2015
– Quand on a muselé tous les médias par des autodafés de radios et des emprisonnements de journalistes
– Quand on a échappé à un putsch
– Lorsqu’on a froissé les Accords d’Arusha de 2000 qu’on juge «sujet de blocage»
Lorsqu’on se moque royalement de ses voisins de l’Afrique de l’Est, la fameuse African Est Community
Et lorsqu’on va prêcher au temple avant d’aller à la présidence ou à une cérémonie, forcément on finit par croire qu’on est non pas un démiurge mais carrément un dieu. Oui, le pasteur Pierre N’Kurunziza se croit un dieu descendu sur Bujumbura. Et il va le prouver ce 17 mai 2018 en invitant son peuple, pardon ses ouailles, coreligionnaires et autres fidèles apeurés à donner un blanc seing au référendum, au forceps qu’il a organisé.
Le parti-Etat ou plutôt l’Etat-parti tant l’ombrageux CNDD/FDD expurgé des contestataires où siègent désormais des zélateurs, régente le pays au détriment des institutions étatiques, le CNDD/FDD a déjà plié ce référendum par une sorte de Blitzkrieg sur son passage : quartiers, collines, Bujumbura rural, toutes les contrées ont subi la propagande politico-religieuse des sbires de N’Kurunziza, qui a consisté à leur assener la seule vérité qui vaille : «N’Kurunziza est investi d’une mission divine, messianique» Depuis 2015 déjà, le n°1 burundais pensait à ce référendum, car après son 3e bail, que pouvait-il trouver pour rester au pouvoir ? Le chemin religieux restait la voie royale via le référendum pour des baux illimités jusqu’en …2034.
Mais à y regarder de près, cette sorte d’Etat théocratique en construction, cache mal, un désir de rester tout simplement au pouvoir ad vitam eternum. Car la nouvelle constitution ne vide pas totalement les clauses fondamentales de celle de 2005 que sont les équilibres ethniques dans la répartition du pouvoir qui semblent toujours respectés, notamment à savoir les quotas de 60% pour les Hutus, et les 40% pour les Tutsis, au gouvernement, au parlement et dans les administrations et entreprises publiques. Même si une fenêtre est aménagée au niveau du sénat qui pourra mettre fin à cet équilibre dans … 5 ans. N’Kurunziza garde sans doute toujours à l’esprit les 30 000 morts de la guerre civile de 93, lui-même ayant perdu son propre frère jumeau lors de cette parenthèse douloureuse. Une rupture sans calcul de ce modus vivendi vieil de 18 ans pourrait de nouveau reveiller les démons des collines burundaises !
Cependant, on sait que le madré N’Kurunziza dans les faits, a infesté toute l’administration, l’armée de son ethnie, les Hutus, surtout au niveau de l’armée, de la police, qui ne jurent que pour l’ex-professeur de sport. Il devient intouchable, un totem vivant. Quoiqu’on fasse donc, le Burundi aura sa nouvelle constitution, car le «Oui» sera massif. Voici venus les jours (maudits ?) du dieu-N’Kurunziza, car avec cette imprimatur légale, le Burundi deviendra, un pays-secte, avec un gourou à sa tête, et gare à quiconque osera aller à l’encontre des préceptes religieux de ce dieu. Jours tranquilles, au Burundi, qui ressemble plus à une paix de cimetière qu’un Soljenitsyne aurait qualifié de «collines du goulag» .
Sam Chris

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