Rentrée judiciaire 2020-2021 : Qualités et rôle du magistrat en démocratie

Rentrée judiciaire 2020-2021 : Qualités et rôle du magistrat en démocratie

Le conseil d’Etat a tenu son audience solennelle de la rentrée judiciaire 2020-2021, le lundi 1er octobre 2020 à Ouagadougou, en présence du président du Faso et plusieurs autres autorités du pays. Cette cérémonie marque la rentrée judiciaire sur toute l’entendue du territoire national. Le thème retenu cette année est : «indépendance, déontologie, responsabilité du magistrat».

 

«La confiance à la justice tant recherchée ne peut être une réalité que si la justice est rendue par des magistrats indépendants responsables et respectueux de leur déontologie. L’indépendance du magistrat qui est l’un des principes fondamentaux du pouvoir judiciaire, trouve sa source première dans la fonction et rappeler par tous les textes à la matière tant aux plans national qu’international.

Elle constitue d’abord une garantie pour le justiciable d’avoir droit à un procès équitable conduit par un juge impartial. Elle constitue ensuite une garantie pour le juge lui-même qui doit pouvoir rendre la justice selon les règles en vigueur en fonction des seuls éléments débattus devant lui sans avoir à craindre une sanction ou espérer un avantage personnel», a expliqué le bâtonnier de l’Ordre des avocats, Paulin Salembéré, lors de cette rentrée judiciaire.

 Allant dans le même sens, le procureur général, Mathieu Kohio, soulignera que si l’indépendance du magistrat est garantie statutairement, dire le droit de manière indépendante est aussi et avant tout un état d’esprit et un savoir-être. Et de préciser, que  cela implique pour le magistrat le devoir de se hisser au niveau de sa fonction et de préserver lui-même son indépendance vis-à-vis des pouvoirs exécutifs et législatifs en s’abstenant de toute relation jugée trop proche avec les représentants et en se défendant de toute influence induit de leur part. «Cela fait appel nécessairement à la déontologie du magistrat», fait-il savoir.

Le thème de cette rentrée vient à point nommé dans la mesure où il balise le code de conduite du magistrat au double plan professionnel et social. Les notions d’indépendance, de déontologie et de responsabilité sont des concepts intimement liés qui doivent être bien compris et parfaitement maitrisés par des acteurs judiciaires au premier chef que sont les magistrats dans l’intérêt d’un meilleur encrage de la justice et pour le bonheur des justiciables.

 Pour le président du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), Jean Mazobé Condé, au cœur des valeurs qui guident leur action professionnelle, figure en première ligne l’indépendance, la responsabilité et la déontologie du magistrat. C’est sans doute pour cette raison que la famille judiciaire a choisi de partager sa réflexion sur cette thématique. «En effet, le magistrat doit exercer son indépendance en toute responsabilité dans le respect des règles déontologiques auxquelles il est assujetti.

En vérité, ce thème met au cœur du débat, la question de l’indépendance, c’est le noyau et comme dirait les physiciens, c’est la partie centrale de l’atome autour de laquelle gravitent les électrons. Le sujet est peut-être ancien mais il demeure néanmoins une brulante actualité dans le contexte de notre pays où il se pose la question de savoir si la justice réussira son indépendance, cette indépendance dont la vocation première est la consolidation de l’Etat de droit», dit-il. Par ailleurs, président de cette rentrée comme à l’accoutumée, le président du Faso, Roch Kaboré, a tenu à féliciter les magistrats pour le choix de ce thème qui est plus que d’actualité.

«Je voudrais également féliciter de la qualité du rapport qui a été fait en toute objectivité en mettant en exergue les préoccupations de l’indépendance, de la déontologie et de la responsabilité du magistrat, mais également des questions qui concernent également les autres. Mais au-delà de la qualité des textes, il revient à chacun des acteurs de pouvoir intérioriser les préoccupations, car d’un côté, il s’agit de faire en sorte qu’entre la justice et le justiciable, la confiance soit consolidée. Il s’agit également de comprendre que l’indépendance n’est pas une muraille de Chine. Au niveau des magistrats, il y a des responsabilités individuelles et collectives à prendre mais au niveau de l’Etat, il nous appartient de prendre un certain nombre de dispositions. Nous prenons acte de l’ensemble des préoccupations posées, on regardera comment corriger cela», a-t-il déclaré .

Larissa KABORE

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