Réplique du Mali aux sanctions CEDEAO- UEMOA : Sur quoi et qui compte la Transition pour résister ?

Réplique du Mali aux sanctions CEDEAO- UEMOA : Sur quoi et qui compte la Transition pour résister ?

Le ton du colonel Abdoulaye Maïga, porte-parole de la Transition était sans véhémence, mais on sentait pointer un brin de colère, teintée de détermination, on ne le serait à moins, et un tantinet de sûreté pour la suite. Immédiatement après l’avalanche des sanctions tombées ce 9 janvier depuis Accra à l’issue du double sommet UEMOA-CEDEAO, le communiqué n°7 de la Transition est porté à la connaissance des Maliens et de la Communauté internationale au journal télévisé de 20 heures du Mali.

Ahurissement, illégalité et illégitimité des sanctions par l’UEMOA et la CEDAO oublieuses des valeurs de solidarité et l’idéal panafricain, mais surtout foi de la Transition, le dialogue sur le timing des élections se poursuivait avec la CEDEAO. D’où vient alors que l’organisation vienne à sanctionner le Mali ?

La Transition est d’autant plus stupéfaite que sur le plan sécuritaire, toujours selon le communiqué n°7 des «résultats spectaculaires ont été engrangés par les FAMa, ce qui n’est pas arrivé depuis une décennie».

L’UEMOA n’a pas échappé à la diatribe des colonels de Kati, qui dénoncent dans le gel des avoirs du Mali des banques centrales et commerciales, un viol flagrant des textes qui régissent l’Union.

De même les dirigeants de la Transition voient  dans ce durcissement de la CEDEAO et de l’UEMOA, l’immixtion de «puissances extrarégionales» la France et l’UE en l’occurrence, qui poussent donc à la roue ces institutions à frapper durement le Mali.

Principes de réciprocité, la Mali retourne certaines sanctions aux pays de l’UEMOA et de la CEDEAO par la fermeture des frontières maliennes avec les pays de ces zones, et le rappel des ambassadeurs maliens …

Reste que tous ces corsets économico-financiers font déjà leurs effets psychologiques et pas seulement : les interminables queux devant les institutions bancaires à Bamako, et les marchés bondés sont la preuve qu’il y a une sorte de peur-panique, malgré l’appel au calme du colonel Abdoulaye Maïga, et le tocsin sonné par Sory Ibrahim du Front pour l’émergence et le Renouveau du Mali, lequel a appelé les Maliens à se rassembler et à faire chorus derrière la Transition.

Concrètement, la vente du coton, avec les voisins laquelle vente apporte pas mal de devises, sera quasi-inexistante, même par contournement, surtout avec l’insécurité, or 60% des recettes d’exportation du Mali proviennent des pays voisins.

Les banques primaires qui se ravitaillent auprès de la BCEAO, auront de plus en plus des problèmes de liquidités, car les facilités liées à l’UEMOA sont désormais caduques et il n’y aura plus d’injection monétaire, bref c’est une diète économique et financière que va vivre le Mali dans les prochaines semaines. Avec de probables répercussions sur certains pays voisins aussi. Par exemple les desserts aériens vont connaître des suspensions notamment Air France, Air Côte d’Ivoire…

Mais à écouter le colonel Maïga, la Transition aura ses solutions. Peut-être qu’elle y a déjà pensé. Notamment des transactions avec l’Algérie, la Mauritanie et la Guinée-Conakry, en plus des réserves qu’elle aura accumulées. Mais même avec toutes ces solutions de l’évitement ce sera le fleuve Djoliba à boire, car aucun pays de la sous-région, surtout de l’hinterland tel que le Mali, ne peut vivre en autarcie, sans connaître in fine la banqueroute, ou une faillite partielle.

Cette riposte projetée par la junte est donc limitée et dans le temps, et par des réalités objectives. Si le Mali compte sur ses populations pour contrer ces sanctions, c’est légitime, mais toute résilience a ses limites.

La seule parade valable contre ces sanctions est un retour à la table de la CEDEAO et de l’UEMOA avec d’autres propositions. C’est discuter, en proposant un calendrier électoral raisonnable, entre 1 et 2 ans grand maximum pour «laver» le Mali de ces tares politiques, et remettre le pouvoir à des civils élus. Les militaires auront alors fait œuvre utile et preuve de sagesse. Toute autre tentative notamment celles de la bravade, du tango guerrier et d’un patriotisme de mauvais aloi, serait une condamnation des populations à beaucoup de souffrances !

La REDACTION

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