Report de la présidentielle libyenne : Il fallait croire au 24 décembre comme au père Noël

Report de la présidentielle libyenne : Il fallait croire au 24 décembre comme au père Noël

 L’évidence s’est finalement imposée à la raison. L’élection présidentielle libyenne ne se tiendra plus ce 24 décembre 2021, comme prévue. Hier mercredi 22 décembre 2021, la Haute commission électorale libyenne s’est prononcée en faveur du report du scrutin au 24 janvier 2022.

Selon ladite commission, il est impossible d’organiser cette élection dans le contexte actuel. Demi-surprise peut-on dire, car pour qui connaît la situation qui prévaut dans ce pays coupé en deux, transformé en pétaudière où les groupes armés dictent leurs lois et en un champ de bataille entre puissances étrangères depuis la chute du colonel Kadhafi en  septembre 2011. Il fallait donc être d’une foi inébranlable pour croire à la tenue de ce rendez-vous électoral dans ces conditions. Il y a quelques jours, alors que ce rendez-vous pointait le nez,  (le 16 décembre), le Front El-Soumoud, la brigade dirigée par Salah Badi, originaire de Misrata encerclait le siège du gouvernement ainsi que celui du Conseil présidentiel. Au cours de cette nuit, des affrontements avaient eu lieu durant toute la nuit. Les forces chargées de la sécurité des bâtiments officiels ont dû battre en retraite pour éviter que la situation ne s’envenime.

Pourtant, la Communauté internationale a fait mine de s’en tenir à cette date en dépit des nombreuses menaces et avait fondé ses espoirs de voir les Libyens accomplir leur devoir civique ce 24 décembre 2021, sur la fournée de candidatures à cette élection. En effet, ils étaient au total 98 candidats autorisés à partir à l’assaut des voix de leurs compatriotes dont plusieurs figures de l’ère Khadafi mais surtout le fils du Guide Seif Al-Islam, qui avait vu sa candidature invalidée avant d’être  repêché par la justice.

Sur le terrain, les deux frères ennemis bien que signataires d’un cessez-le-feu qui cours toujours, n’ont jamais abandonné l’option militaire pour étendre leur influence. Les provinces jadis contrôlées par des gouverneurs ont glissé entre les mains de chefs de tribus reconvertis en flibustier qui rançonnent et bâillonnent les pauvres citoyens quand et comme ils le souhaitent. 

En clair, rien donc ne militait en faveur  de la bonne tenue de ce scrutin dans cet Etat failli. La réalité du terrain a donc fini par rattraper l’hypocrisie diplomatique. A présent que ce rendez-vous ne tient plus, peut-on espérer que le deuxième soit le bon. Rien ne permet de l’affirmer. Mais tant que les armes continueront de crépiter dans ce pays divisé à tous égards, balloté entre les humeurs de puissances étrangères, l’espoir de voir une élection s’y tenir restera une longue chimère et un projet fugace.

 Davy Richard SEKONE

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