Reprise de la guerre au Tigré : Après 5 mois de paix fourrée, Abiy-le Nobel veut étriller Mekele

Reprise de la guerre au Tigré : Après 5 mois de paix fourrée, Abiy-le Nobel veut étriller Mekele

 

Ce n’était donc qu’une paix fourrée. Après 5 mois de trêve, obtenue sous pression internationale, le bruit des fusils a repris à la frontière du Tigré autour de la pointe sud-est, entre troupes pro-gouvernementales (armée fédérale, forces régionales et milices alliées) et rebelles tigréens du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) qui s’accusent mutuellement d’avoir déclenché les hostilités.

Mais pourquoi le Nobel Abiy est de nouveau en guerre contre cet Etat irrédentiste tigréen malgré les médiations et appels à la cessation des hostilités de tout bord (américaine, européenne, onusienne) à Mekele.  Comme argument pour justifier la reprise des combats, Addis-Abeba brandit la violation de son espace aérien par un avion chargé d’armes destinées aux troupes rebelles. Pour sa part, le TPLF soutient que l’Ethiopie a décidé de lancer une guerre totale «une offensive à grande échelle» contre le Tigré. Toujours est-il que le bombardement d’un jardin d’enfants par l’armée éthiopienne à Mekele qui a fait plusieurs victimes (c’était le vendredi 26 août dernier) a été le vrai déclencheur de cette escalade dont on sentait l’avènement avec l’accumulation des tensions grandissantes depuis plusieurs semaines.

Pour l’instant, c’est évidemment la guerre des communiqués. Le Tigré par la voix de son porte-parole, Getachew Reda, a indiqué hier 30 août avoir «contenu les assauts d’Addis-Abéba» le but pour le Tigré n’était plus de prendre d’autres territoires, mais d’assurer la sécurité du Tigré. C’est à nouveau la guerre dans ce Tigré pris en étau entre Addis et Asmara, le voisin l’Etat-prison, l’Erythrée semblait donner un coup de main à son ex-ennemi d’hier, l’Ethiopie. Il s’agit clairement pour le gouvernement éthiopien d’écraser cette rébellion qui tente de faire sécession. En privant depuis plus d’un an cette province rebelle d’électricité, de télécommunications, de services bancaires et de carburant,  les intentions du Prix Nobel, il n’y aura pas  de quartiers pour les irrédentistes.

Ces derniers jours, selon des sources diplomatique, humanitaire et des habitants, les rebelles ont progressé d’une cinquantaine de kilomètres vers le Sud, à l’intérieur de l’Amhara, ainsi qu’au Sud-Est en région Afar. Pour l’heure, ce n’est certes pas de grandes batailles redoutées par tous. Mais, il faut craindre que ces incidents viennent rallumer la mèche que tentent d’éteindre l’Union africaine et la Communauté internationale depuis plusieurs mois.

C’est de bonne guerre pourrait-on dire, mais au moment où les deux parties parlent de dialogue sous les auspices de l’Union africaine (UA) peut-on espérer un cessez-le-feu condition sine-qua-non pour l’acheminement par la route de l’aide humanitaire vers le Tigré ? L’UA mandatée pour la médiation sera-t-elle entendue avec la récusation d’Olesegun Obansanjo jugé partial par Mekele ? Le TPLF qui a fait du rétablissement de l’électricité et des télécommunications, une condition de ce dialogue et l’Ethiopie qui exige que les discussions se déroulent sans «condition préalable» pourront-ils s’accorder sur l’essentiel et trouver un compromis pour une paix durable ?

La rédaction

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