Restitution de 26 «totems» au Bénin : A quand le tour du dieu Ogou et de la Tablette du Fâ ?

Restitution de 26 «totems» au Bénin : A quand le tour du dieu Ogou et de la Tablette du Fâ ?

Le déplacement en valait la peine, même pour le président béninois Patrice Talon, dont les séjours à l’extérieur sont rares autant que ses contacts avec l’opposition.

Pourtant pour la remise des 26 statuettes que des colons militaires avaient emportées en France, pour la restitution de ces 26 totems, Patrice Talon qui était l’invité d’Emmanuel Macron à l’Elysée, a un peu eu un langage sans fioritures.

De par la signature des 2 ministres de la Culture (Bénin & France) actant le transfert de ces 26 petits trésors vers l’ex-quartier latin, d’abord à Ouidah, de façon transitoire, puis après la réfection définitive du musée d’Abomey, ces 26 trésors y trouveront leur place définitive, on ne peut qu’en saluer la portée.

Et comme le 27 octobre dernier au Quai Branly, Emmanuel Macron s’est encore lancé dans ce partenariat fécond «d’Etat à Etat, de jeunesse à jeunesse» aux perspectives que ce transfert ouvre en terme de remise de richesses matérielles et immatérielles, bref, alors que le président français un tantinet lyrique, et content de restituer ces œuvres rapinées par le colonel Dodds en 1892, son homologue béninois qu’on peut aimer ou pas, après quelques salamalecs, et formules convenues, a dépouillé son langage des oripeaux diplomatiques pour affirmer son enthousiasme inachevé, car ces 26 œuvres sont insuffisantes, «il faut aller plus loin» un grand pan des richesses mémorielles sont toujours indûment détenues par la France, notamment le «dieu Ogou» et la «tablette du Fâ», véritable objet lié à l’art divinatoire a martelé Talon. Des œuvres «désacralisées», mais qui doivent revenir au Bénin et pourquoi pas retrouver leur puissance mystique. Car c’est moins la valeur vénale de ces œuvres que voient les Béninois, mais leur caractère sacré.

En lame de fond, le président béninois se fait le porte-voix de nombreux responsables africains qui doivent faire retentir la volonté des Africains de voir revenir au bercail, toutes les richesses artistiques dérobées ça et là.

Oui, c’est bien de brandir ces 26 totems, ou l’épée de Omar Tall et autres remis aux Africains, mais par rapport aux autres œuvres d’art volées au gré des guerres de colonisation, ce n’est qu’une infime partie. Et le partenariat gagnant-gagnant, la considération d’une Afrique décomplexée, c’est aussi remettre ces œuvres qui pourraient enrichir les musées, ramener au pays certaines croyances, et même des subsides pour les visiteurs de musée. Et encore permettre à cette jeunesse, souvent adossée à rien et croyant en rien de connaître cette histoire oh combien riche, qui fait le limon du berceau de l’humanité.

Talon dit haut et c’est à son honneur, ce que les Africains pensent tout bas. Combien d’œuvres sacrées, burkinabè, ivoirienne, nigérienne trônent dans des musées français et européens qu’il faudra un jour remettre, car, elles sont une anomalie là où elles se trouvent, elles doivent retrouver leur place en Afrique. En cela, les 26 œuvres sont un début, à quand la suite ? A quand les autres «petits dieux» qui se morfondent dans ces musées occidentaux, sous des regards interrogatoires, et curieux, voire dévalorisants ?

La REDACTION

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