Restitution et retour de la dépouille de Patrice Lumumba à sa famille : Une dent et un idéal indépassable

Restitution et retour de la dépouille de Patrice Lumumba à sa famille : Une dent et un idéal indépassable

A l’heure où l’Afrique est affamée de héros, qu’elle recherche avec frénésie, et où des imposteurs se drapent d’oripeaux similaires, la cérémonie de la remise de la dépouille de Patrice Lumumba, réduite à une dent qu’un des policiers chargés de faire disparaître son corps, avait gardé par devers lui, et son transfèrement ce matin dans son pays où l’attend le repos éternel, de telles cérémonies sont d’une historialité mémorielle.

Evidemment, s’il y a cette appétence des héros, c’est que les successeurs des premiers dirigeants dont certains malgré leurs dérives multiples furent des cas, tel Kwame N’Nkrumah, ces successeurs sont à mille lieux, côté sacrifice pour la patrie, et modèle d’homme d’Etat de leurs devanciers. Les héros africains, pour la plupart exceptés ceux anonymes comme ces braves soldats qui meurent actuellement sous les balles assassines des terroristes du Sahel, et quelques rares exceptions des années 70, 80,90, on pense à Nelson Mandela, à Thomas Sankara, à John Jerry Rawlings, exceptés ceux-là, les vrais héros ne sont plus de ce monde.

Sont de ceux-là, Patrice Lumumba dont l’aura post-mortem s’est accentuée ces dernières années, avec une sorte de retour du patriotisme congolais, conférant la stature à un héros qui hélas n’a ni sépulture ni épitaphe, à plus forte raison un mausolée. La remise le 20 juin dans la plus stricte intimité de la dent de Lumumba à sa fille Juliana par le premier ministre belge, Alexander De Croo, revêt alors une symbolique politico-historique, surtout qu’elle fut accompagnée «d’excuses du gouvernement» belge de par la bouche du premier ministre, qui embouche les mots de Louis Michel en 2002, et du roi des Belges, il y a une semaine, en RD Congo. Enfin, ce retour aujourd’hui 22 juin 61 ans après avoir été supprimé pour des causes justes qu’il défendait, illumine davantage l’image du héros qu’il est.

Les restes mortels de Lumumba reviennent donc sur la terre de ses ancêtres, 61 ans après qu’on l’ait tué, dépécé et dissous dans l’acide selon une version officielle de sa mort servie à volonté.

C’est un bon pas pour apaiser les cœurs de sa famille et du peuple congolais. Et Juliana, qui a pris la parole au nom de ses 2 frères, l’a bien relevé, en manifestant sa reconnaissance en l’endroit des autorités judiciaires, et en parlant de son père, ce héros national congolais et africain.

Si l’Afrique est avide de héros, c’est moins les personnes que leurs paroles et leurs actes, qui étaient en adéquation. Avant-hier Lumumba, hier Thomas Sankara, demain qui ? On n’en sait rien.

 Mais plus que cette dent, c’est l’idéal indépassable de son propriétaire qui retient  l’attention, un idéal que les Congolais seraient bien inspirés, de … s’en inspirer. Un héros, c’est un homme en somme normal qui reste attaché aux valeurs humaines, lesquelles valeurs construisent son pays.

Lumumba est un héros, il avait dit non aux compromissions du colonisateur, il voulait des compatriotes libres qui construiront une Nation. Il a été tué pour toutes ces choses ! A l’heure où tente encore d’émerger une nouvelle génération qui veut de nouveaux paradigmes, il n’est pas inutile que les idéaux de Lumumba servent à  de jeunes Congolais perdus, sans repères, exploités par des politiciens à la petite semaine, des hommes d’estrade et autres vendeurs d’illusions.

La REDACTION

COMMENTAIRES

WORDPRESS: 0
Aujourd'hui au Faso

GRATUIT
VOIR