Retour de Blaise et réconciliation nationale : Roch fend enfin l’armure !

Retour de Blaise et réconciliation nationale : Roch fend enfin l’armure !

En décembre 2016, lors d’une interview à Kosyam, l’auteur de ces lignes avait posé la question à Roch Kaboré, s’il était possible que lui et Blaise se rencontrent pour une réconciliation. Négatif avait été la réponse à l’époque.

4 ans après, le président du Faso, à l’occasion d’une interview accordée à RFI et France 24, ce 15 octobre, amorce une inflexion sur le sujet. «… Nous sommes dans un processus de réconciliation qui n’est pas une course de vitesse … si je suis élu, le premier semestre de 2021 doit nous permettre de régler ces questions-là. Nous allons réunir l’ensemble des composantes de la société pour discuter de la réconciliation et la décision des conditions du retour de Blaise Compaoré sera prise», a-t-il répondu à une question de Marc Perelman y relative.

Hier donc sur les questions sécuritaires, notamment l’échange humain qui a eu lieu la semaine passée au Mali, le président du Faso pense que la «contre-partie a été payée chère».  Sur Thomas Sankara, il était tout à fait à l’aise, il ne le serait à moins, lui qui a déposé hier 15 octobre à l’ex-Conseil de l’entente, une gerbe de fleur au pied du Mémorial où trône la statue du père de la révolution burkinabè. Mais incontestablement, le retour de Blaise et la réconciliation nationale auront été les sujets qui ont retenu l’attention des Burkinabè.

Première leçon de cette interview : Roch sait qu’il est la personne indiquée pour organiser cette réconciliation que d’aucuns ont voulu post-poser avant l’élection de 2020. Si lui, le président-post insurrection démocratiquement élu, ne réalise pas cette cohésion sociale, qui le fera ? Il a toutes les cartes en main, il a tout suivi, il a été acteur privilégié de beaucoup d’évènements, il a donc les ressorts pour réaliser cette paix des cœurs.

Mais il y a un temps pour tout, et si à ce premier quinquennat, malgré que de toute part, on le poussait à la roue, de «faire» cette réconciliation, le locataire de Kosyam avait toujours estimé que le temps n’était pas opportun, à ce second bail, s’il l’obtient l’onction de ses compatriotes, les temps seront alors propices, selon lui.

Si donc les Burkinabè lui octroient leurs suffrages le 22 novembre prochain, cette réconciliation sera donc l’un des grands chantiers du premier semestre 2021. Il sera à son dernier mandat, il peut se permettre certaines actions, et il lui faut aussi laisser cette trace de réconciliateur. Car il n’ignore pas qu’il a pris un Burkina, qui aura vu des vertes et des pas mûres, il aura été le président civil qui a hérité d’un Burkina, «divisé» que sont venus exacerber les attaques terroristes, le repli identitaire et la stigmatisation. Autant de plaies à vif qu’il faudra cautériser et cicatriser, et s’il réussit, ce sera un point positif à accrocher à son bilan.

Zowenmanogo ZOUNGRANA

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