Retour de Hama Plus au Niger : Bazoum a désormais un sérieux challenger

Retour de Hama Plus au Niger : Bazoum a désormais un sérieux challenger

Hama Hamadou est de retour. Cette seule phrase devrait suffire à déranger le sommeil de certains au Niger. Le truculent homme politique, considéré envers et contre tous comme le Chef de file de l’opposition politique, après avoir bourlingué à travers le monde poursuivi par un missile à tête chercheuse nommé «affaire bébés importés du Nigeria», vient de déposer son baluchon dans son pays natal.

Officiellement pour aller s’incliner sur la tombe de sa mère. Mais on sait qu’au-delà de cette raison familiale, ce come back a des relents politiques, voire d’arrangements ou d’entente politique. Bien que loin du Niger, Hama plus a toujours été considéré par ses militants de Modem Fa Lumana comme le candidat naturel du parti à la présidentielle de 2021.

La poussière de ses pas n’est pas encore retombée que jaillissent déjà du sol des interrogations, des supputations, et peut-être déjà des machines sont mises en branle, lancées au sommet de leur plein régime.

On sait pourquoi Hama Hamadou a quitté son pays en 2016, libéré de sa geôle où il était retenu pour avoir trempé dans une sombre histoire d’enfants volés au Nigeria. C’est une raison de maladie qui l’avait aidé à sortir des frontières de sa propre contrée pour errer çà et là au gré du vent. Chez lui, une condamnation tombait, le sommant par contumace à purger un an de prison ferme. Le retour signifiait donc une retrouvaille avec les conditions austères de la prison. Et surtout, un gros s’est posé sur le chemin vers le palais présidentiel.

Connaissant alors tous ces risques, pourquoi est-il revenu ? Y aurait-il eu un «deal» avec le président Mouhamadou Issoufou comme ça le susurre déjà dans les rues de Niamey ? Si telle est le cas, quel pourrait en être le contenu ? Un pacte «d’assagissement» aurait-il été taillé en boubou et porté sur le dos de Hamadou ? De sorte qu’il peut revenir chez lui (l’exil n’est jamais une épreuve facile à subir), retrouver sa famille, en restant éloigné de  l’arène politique ?  Ou alors, Issoufou  ayant eu son deuxième mandat et s’étant déclarant non partant pour la prochaine présidentielle, a-t-il fait preuve de magnanimité ? Une grâce présidentielle est-elle engagée dans les couloirs du palais présidentiel ? Pourquoi est-il rentré alors que maintes fois, le président Issoufou a demandé à son homologue béninois de le lui livrer en vain ? Que ce soit avant sa fuite par «peur d’être tué», ou durant son exil français ou béninois, Hama plus n’a jamais renoncé à ses ambitions présidentielles lui aussi ayant eu un parcours qui le prédestine à l’impérium. En effet, premier ministre, président de l’Assemblée nationale, le patron du Modem ne peut rêver que de la présidence. Comme l’ont rêvé et réalisé les IBK, Roch Kaboré et comme le fait de nos jours Guillaume Soro !

Que de questions et de supputations donc ! Mais ce qui est constant, c’est que ce retour ne passera pas inaperçu dans le landerneau politique nigérien. Un homme politique de la trempe d’Hama Hamadou ne peut pas garder une politique calme tant qu’il s’y trouve. D’ores et déjà, sans préjuger de la suite de ce que cette fin d’exil va signifier, le candidat dauphin du président Issoufou, Mohamed Bazoum, devrait commencer à préparer contre ce challenger pas négligeable, car même si le Modem a perdu du terrain, du fait des ennuis et de l’absence de son chef, c’est le parti qui électoralement a du monde.

Candidat déclaré direct ou placé à l’affût derrière un autre prétendant au fauteuil présidentiel, Bazoum peut être certain qu’il aura en face de lui, un candidat de taille. Un adversaire que son mentor Mahamadou Issoufou avait affronté à des présidentielles, mais avait jugé plus sage de ne pas le faire, lors de la dernière échéance, même si c’est la justice qui en avait décidé…

Ahmed BAMBARA

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