Retour du chef rebelle Timan Erdimi à N’Djamena :  Emotions et espoirs pour un dialogue national «historique»

Retour du chef rebelle Timan Erdimi à N’Djamena :  Emotions et espoirs pour un dialogue national «historique»

Moments de grandes émotions, hier jeudi 18 août 2022 à l’aéroport de N’Djamena à l’occasion du retour du chef rebelle Timan Erdimi après 17 années d’exil. L’accueil était à la hauteur de l’évènement et le président de l’Union des forces de la résistance (UFR) connu pour être peu émotif n’a pas pu cacher sa joie d’embrasser de nouveau sa terre natale et de retrouver les siens. Ils étaient donc nombreux à venir l’accueillir sur le parvis de l’aéroport de la capitale tchadienne en cette matinée du jeudi.

Ce retour au bercail, fruit du pré-dialogue de Doha dont son mouvement est signataire, intervient à quarante-huit heures du dialogue national qui devra réunir ce 20 août, l’Opposition civile et armée et la junte au pouvoir à N’Djamena. En prélude à ce grand conclave et pour planter le décor, le chef rebelle a exprimé sa volonté de participer activement à ce dialogue censé ramener la paix et la quiétude dans ce pays, à l’histoire mouvementée et rythmée par des assauts répétés de groupes armés rebelles. En soi, revoir Timan Erdimi, celui qui, 13 ans auparavant (2009) avait conduit ses troupes aux portes de la capitale tchadienne avant d’être repoussées par les mirages 2000 français venus dare-dare au secours  d’Idriss Déby, foulé le sol de son pays constitue un motif d’espoir.

En succédant à son défunt père tué par les rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT), un 20 avril 2021, Mahamat Idriss Déby ne jouissait pas d’une grande marge de manœuvre. Mais, en réussissant dans un premier temps à rassembler la majorité des partis politiques et mouvements rebelles en activité dans son pays autour du cénacle de Doha, il a  endossé la tenue du rassembleur au lieu de celle de l’infatigable guerrier. Du reste, les observateurs s’accordent à saluer ce qui s’apparente à  un grand coup politique de Déby fils.

Certes, nous nous devons de demeurer prudents, car dans ce type de situation, rien n’est acquis définitivement, mais quelle que soit l’issue de ce dialogue national inclusif, il aura eu le mérite de réunir autour d’une même table des filles et fils d’un pays qui se regardaient en chien de faïence. Dans le sillage de ce retour «historique», plusieurs autres rebelles dont Gassim Cherif vont participer à ce dialogue qui doit déboucher sur des élections libres démocratiques et transparentes et le transfert des pouvoirs aux civils. Gageons que les compromis et sacrifices consentis depuis le lancement du pré-dialogue de Doha ne seront pas vains et qu’enfin, les politiques et groupes armés pourront au moins s’accorder sur l’essentiel des points qui seront mis sur la table. Au vu de la configuration du tableau des participants, l’espoir est donc permis. Et ce 20 août 2022, pourrait ouvrir la voie à la signature d’une paix des braves, durable pour le grand bonheur du peuple tchadien, qui a tant souffert des tambouilles politiques et  des récurrentes incursions rebelles.

Davy Richard SEKONE

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