Retrait de 600 guerriers tchadiens du G5-Sahel : Mauvaise nouvelle pour la zone des 3 frontières

Retrait de 600 guerriers tchadiens du G5-Sahel : Mauvaise nouvelle pour la zone des 3 frontières

Déployés de Nguigmi dans la zone frontalière Tchad-Niger, les 1 200 soldats tchadiens promis par le défunt maréchal Idriss Déby Itno, étaient véritablement un renfort de taille aux soldats du G5-Sahel, et à la Force internationale Takuba. C’est dans la fournée des militaires qui ont fait le coup de feu à Bohoma contre la secte du chacal (Boko Haram) que Deby-père avait puisé pour mieux sécuriser cette zone des 3 frontières. Depuis ce 21 août 2021, c’est la moitié de cette expédition tchadienne qui retourne au bercail. Ainsi en a décidé, le jeune Déby-fils.

A vrai dire, même du vivant du père, la venue de ses soldats a été négociée et obtenue de haute lutte. Echaudé par les accusations de bavures en RCA, et au Mali, le maréchal tchadien renâclait de plus en plus à envoyer ses Deby-Boys sur d’autres fronts, le Tchad était lui-même en proie à des rebellions irrédentistes et aux sporadiques attaques de Boko Haram.

Mais voilà, après le sommet de Niamey et surtout celui de Pau, l’homme s’était laissé amadoué, certains ont parlé d’un deal consistant à fermer les yeux sur les dérives de la présidentielle contre le jalonnement des 1 200 militaires au Sahel.

Deby-père mort, la France s’apprêtant à retirer petitement ses soldats de l’opération Barkhane, il faut dire qu’il y a de quoi «rebouler» les promesses de certaines personnes.

Et si le Sahel intéresse toujours, ceux qui pesaient dans la balance, ont décidé de revoir la copie de leur posture, la France et le Tchad au premier chef.

Première leçon de ces retraits à dose médicale : les pays du G5-Sahel sont de plus en plus face à leur responsabilité sécuritaire. Il leur faut œuvrer à faire le boulot qu’étaient censés accomplir les Français et Tchadiens. Des départs qui confortent le fait que la sécurité du Sahel ne peut être sous-traitée avec personne. Tout juste peut-on solliciter le concours de partenaires pour des actions d’appoint.

Seconde leçon : ça se complique un peu plus dans cette partie des 3 frontières surtout à l’heure, où se multiplient d’itératives attaques au Burkina-Mali-Niger, et que les terroristes tentent d’occuper tout espace «vide» c’est-à-dire non sécurisé et où un semblant d’Etat est absent, quitte à commettre des massacres de masse, comme à Banibangou (37 civils tués) au Niger le 16 août, à Gorgadji (80 tués dont 65 civils) au Burkina le 18 août et à Boni (11 soldats tués) au Mali le 19 août.

Sur cale depuis des lustres, le G5-Sahel qui rame à trouver l’argent et les moyens logistiques pourtant promis par des partenaires européens, doit se convaincre, que face à cette guerre oblique, il doit changer son fusil d’épaule. La guerre se gagne par la technologie, mais surtout par la stratégie et la conviction.

Pour peu, que la couverture aérienne soit assurée, et l’achat de drones et d’aéronefs s’avère des nécessités vitales et l’on pourra voir débouler les assaillants. Car le déplacement bruyant de 200 terroristes à cheval, sur des motos qu’on ne repère jamais intrigue énormément et le renseignement par les airs pourrait être très précieux. Enfin les soldats sahéliens sont aguerris, et au fil du temps, ils devraient attaquer les terroristes depuis leurs bases, et ne plus attendre pour riposter. Des départs certes préjudiciables, que sont ceux de Barkhane et des 600 Tchadiens, mais peut-être qu’à quelque chose, malheur est bon.

La REDACTION

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