Réunion de l’UA sur le rapatriement des migrants en Libye: Il en faut plus !

Réunion de l’UA sur le rapatriement des migrants en Libye: Il en faut plus !

C’est peu de le dire. La mobilisation des Etats africains après la divulgation de l’esclavagisme en Libye fait beau à voir. Rarement les Chefs d’Etat du continent n’ont autant parlé de la même voix pour une cause commune, pas plus qu’on a vu souvent des actions et des initiatives secrétées dans l’objectif de soulager des Africains dans le besoin et en difficulté. Même s’il aura fallu un documentaire de CNN montrant des esclaves modernes parqués dans des camps libyens et vendus à la kunté kinté et surtout s’il a fallu cette 5e réunion UA-UE et la proposition du chef de l’Etat français. En effet, moins d’une semaine après la proposition d’Emmanuel Macron pour cette fameuse Initiative Euro-Africaine pour une évacuation de ces pauvres hères, voilà l’UA, qui débraie fissa par cette réunion ce jour 4 décembre, à Addis Abeba.
C’est une volonté affirmée de l’Union africaine de rapatrier environ 15 000 migrants africains bloqués dans les centres de détention libyens. Les manifestations de bonne volonté sont nombreuses. Le Rwanda propose même d’accueillir sur son sol, les migrants qui ne voudraient pas retourner dans leur pays d’origine. Une belle expression de la solidarité africaine qui apporte de la fraîcheur dans la fournaise morale qu’ont allumée les hallucinantes images de la vente d’Africains dans le pays de Khadafi. C’est une réaction qu’on aurait aimé voir, sans que la communauté internationale, se saisisse avant, de la question y relative.
C’est pourquoi, malgré leur beauté, ces gestes ne demeurent que des agitations de feuille de coton sur une plaie béante. Des calmants qui feront taire le mal pendant un certain temps, mais ne le soigneront en aucune façon.
Certes, c’est déjà un bon début. Peut-être que quelques années plus tôt, pareille réaction n’aurait pas effleuré l’esprit des dirigeants. Toutefois, ils n’auraient pas été là à laver la rivière en aval si quelque chose avait était fait pour l’empêcher de se salir en amont.
Les migrants qui sont en Libye, livrés à la merci des passeurs sans scrupules et des marchands de profit sans foi ni loi ne sont pas des directeurs généraux d’entreprises, encore moins des cadres de l’administration publique ni des salariés de la fonction publique de pays africains. Ils l’auraient été, qu’est-ce qui diable aurait pu les persuader d’aller se jeter dans le gueule de l’aventure sans papier et la proie du premier prédateur humain, si les vagues de l’Océan les ont épargnés ? Rien.
Alors, solidarité africaine, d’accord, mais il est temps désormais de songer à mettre en œuvre des politiques efficaces pour les jeunes, d’abord. La mobilisation actuelle devrait être la même pour réfléchir à des paramètres susceptibles de générer des emplois pérennes et profitables au développement de la jeunesse. Il est grand temps de ne plus laver à tout moment, en sapeurs-pompiers, les dessus de plaie. Puis enfin, œuvrer avec l’Europe à faire renaître une Libye post-Kadhafi de ses cendres, un des gages pour faire cesser ce commerce éhonté.

Ahmed BAMBARA

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