Révolution libyenne, 10 ans après : Chaos, pleurs, regrets et guerre en Libye et au Sahel

Révolution libyenne, 10 ans après : Chaos, pleurs, regrets et guerre en Libye et au Sahel

Un Kadhafi vociféra et tenant son fameux pistolet d’or à la main. Des tirs de roquettes sur son convoi bloqué sur une route de syrte. Puis sa dépouille qu’on exhibe comme un trophée de guerre dans une morgue de fortune à Misrata.

C’était il y a 10 ans. Qui a tué Kadhafi ? Qui avait intérêt à ce que le Guide libyen ne vive pas ? Sa capture et son jugement n’auraient-ils pas plus éclairé que sa mort ? Vivant, Kadhafi fut insaisissable, Mort, le mystère s’est encore épaissi derrière, celui dont la disparition provoqua une onde de choc, tellurique que même une décennie après, en Libye et au Sahel son absence se fait toujours sentir. Un brin rappel historique : Qui aurait parié que dans cette Libye, un simple mouvement de 48 heures parti de Benghazi le 17 février 2011, pour réclamer la libération de l’avocat, Fathi Terbel dégénérerait en révolution pour gagner rapidement Tripoli et les autres villes.

Comment les révolutionnaires armés malgré les troupes de Kadhafi, ses mercenaires ont-ils pu entrer dans Tripoli le 20 août 2011, dernière capitonade d’où avait fui l’auteur du Livre vert ? Sentant d’ailleurs l’hallali le matin du 20 octobre, le célèbre fuyard avait menacé d’écraser «les rats» qui s’étaient dressés contre lui.

Toutes ces péripéties et la fin du maître de Libye ont été facilitées par la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies votée le 17 mars 2011, laquelle résolution a permis à la coalition internationale de «protéger la population civile», en langage militaire, de faire feu sur les soldats de Kadhafi.

10 ans après ce printemps libyen, c’est désormais une dépouille que se dispute, une kyrielle de camps nationaux et internationaux : la Libye elle-même. A commencer par les deux frères ennemis, le démissionnaire PM Al-Sarraj et le maréchal Khalifa Haftar. Mais aussi la Russie, la Truquie, la France, les USA, chacun lorgnant le service après-vente de leur œuvre. Le problème est que l’implosion du pays est tel qu’il est inenvisageable de tenter quoique ce soit. Le choix le 5 février dernier au bord du Lac Lema en Suisse, d’Abdul Hamid Dbeibah comme premier ministre transitoire, et la projection d’élections en décembre 2021, semble être mettre la charrue avant les bœufs, car, c’est un pays failli qu’il faut d’abord mettre débout avant un quelconque scrutin.

Au Sahel, le chaos en Libye a engendré, la dispersion des supplétifs kadhafiens, et tous ceux qui vivaient des expédients de ce dernier, une dispersion dont le Sahel paie chèrement aujourd’hui, le prix.

Mali-Burkina-Niger, ces 3 pays sont désormais la cible quotidienne de ces ex-trublions du Guide, lequel faut le dire, avait su les contenir par le bâton et surtout par les dollars de la manne pétrolière.

«L’OTAN a assassiné Kadhafi, c’est le service après-vente qui n’a pas suivi » aime à dire Deby du Tchad.

Chaos en Libye et dans une moindre mesure dans certaines parties du Sahel, regrets au Sahel d’avoir perdu celui qui arma les djihadistes, fit la guerre au Tchad, maître des terroristes, et bon samaritain. Rien que par la CEN-SAD,  des pays de la sous-région ont pu réaliser des projets.

10 ans après la révolution libyenne, nombreux sont ceux qui se demandent, si Kadhafi n’était pas plus utile, malgré sa bipolarité que mort, (mystérieuse) avec une sous-région en guerre depuis 8 ans. Comme quoi, on peut être orphelin d’un dictateur.

La REDACTION

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