Il commence bien Romuald Wadagni avec ce que la CENA lui crédite : 94%. Brejnévien est ce taux et même si au fil du temps, au second mandat par exemple, pour peu qu’il descende, il n’aura pas à pâlir du score qu’il fera même avec 10, voire 20 points de moins. L’empressement (on était à 90% des dépouillements de la CENA) avec lequel, son adversaire Paul Hounkpè a reconnu sa bérézina (6%), un tantinet insolite, même si fair-play, et les péripéties qui ont jalonné le processus faisaient que c’était une présidentielle à enjeu moindre sinon inexistant.
Les parrainages introduits dans le code électoral, l’hémorragie chez les Démocrates, le seul parti de l’opposition d’envergure, des démissionnaires qui sont allés battre campagne auprès de Wadagni, espérant le moment venu quelques strapontins, toute chose qui faisait que Wadagni accomplissait une quasi formalité. Son triomphe romain, Wadagni le doit moins à sa représentativité électorale, qu’à l’absence d’un challenger de taille et peut-être aussi à cette neutralité prônée par les Démocrates (le ni Wadagni, ni Hounkpè) qui a finalement bénéficié au dauphin du président sortant. En habillant le multipartisme integral en factice, Talon aura réussi à imposer son poulain lequel quoiqu’on dise aura appris pendant une décennie auprès de lui. Il y a eu une présidentielle au Bénin, il y a un gagnant et un perdant, les observateurs ont salué le bon déroulement du scrutin que voulez-vous encore ? Les apparences de la démocratie sont sauves dans ce Bénin qui a rénoué avec ce mode de gouvernance depuis la pagailleuse conférence nationale de 1990.
Que sera le Bénin sous Wadagni avec certes un legs de Talon dense en matière d’infrastructures routières, socioéconomiques, mais coupé en 2 Bénin, car fracturé par la politique ? Il y a le camp présidentiel des gagnants et les perdants non pas qu’ils le sont à la régulière mais par des lois iniques. A notre humble avis, c’est ce chantier à reconstruire, c’est ce maillon qui manque actuellement à la chaine béninoise. Wadagni serait bien inspiré de s’en occuper, surtout que celui qui l’a fait président a dit qu’il le laissera décider sur certains dossiers sensibles !
Aujourd’hui au Faso


COMMENTAIRES