Rupture des relations diplomatiques Burkina-France : Ouaga dit Adieu à Paris

Rupture des relations diplomatiques Burkina-France : Ouaga dit Adieu à Paris

 

 

Le Burkina Faso met un terme aux relations diplomatiques avec la France, épilogue d’un partenariat sur répondeur depuis 4 ans. Attendue, sinon souhaitée par le Burkina Faso, cette rupture n’étonne guère. On le sentait inéluctable ! Avec cet oukase du gouvernement burkinabè, les missions diplomatiques françaises cessent leurs activités normales, les diplomates perdent leur qualité et seront rappelés par Paris, puisqu’il n’y avait plus d’ambassadeur depuis le rappel de Luc Hallade en janvier 2023.

Les locaux de l’enclave diplomatique restent toutefois inviolables, en vertu du Traité de Rome. Le communiqué lu dans une édition spéciale de la RTB par le ministre porte-parole du gouvernement Gilbert Pingdwendé Ouédraogo, précise qu’il s’agit d’une césure « institutionnelle », rien à voir entre les peuples français et burkinabè et les « liens historiques, humains, culturels et sociaux » restent saufs. Jamais de mémoire de Burkinabè, nul n’aurait imaginé qu’entre le Burkina Faso ex pré carré de France, n’en déplaise à Jupiter, jamais pareil scénario n’était possible pour certains. On est passé de la dénonciation militaire à la rupture diplomatique ! Et pourtant depuis 2022, date de l’avènement du Capitaine IB et surtout de la Révolution Progressiste et populaire (RPP), le changement de logiciel de la France était une exigence absolue de Ouaga pour un partenariat serein !  Faute de quoi, les rapports ne pourront que se refroidir crescendo. Et un petit inventaire à la Prévert des pataquès diplomatiques augurait donc cette séparation.

– Rapports exécrables entre l’axe Ouaga-Paris

– Expulsion de l’ambassadeur Luc Hallade, et 3 diplomates français en 2024

– Arrestation d’espions français au Burkina

– Récurrentes accusations du Burkina Faso et de l’AES d’une position séditieuse de la France relative à la lutte contre le terrorisme…

Et surtout les choses se sont accélérées la semaine écoulée avec le vote de la résolution concoctée par l’Eurodéputé Christophe Gomart et surtout de nationalité française sur le Burkina, énième casus belli. Vus des bords du Kadiogo, le verbatim du ministre Gilbert Ouédraogo se veut limpide « un activisme incessant du régime en place de la France contre les intérêts du Burkina Faso, des ambitions néocoloniales affichées avec le soutien actif à des réseaux subversifs et aux terroristes qui endeuillent notre pays et le Sahel, l’accusation n’est ni voilée, ni tacite, et les raisons de la colère et de la rupture sont énoncées. Les propos du député Christophe Gomart ont été la goutte d’eau qui a débordé un vase dégoulinant déjà d’eau, mais de boue. Ce 26 juin 2026, le Burkina Faso a franchi le rubicond, dénouement d’une semaine particulièrement tendue avec l’Union Européenne, suite au texte suscité par l’Eurodéputé français ! C’est une réponse du berger à la bergère. Ouagadougou semble ne plus ruser ou cacher la poussière sous le tapis et défouraille l’arme suprême en matière de relations diplomatiques qui est la rupture puisqu’il n’y a pas d’ambassadeur à rappeler. C’est bien un requiem des relations France-Burkina que Ouaga a célébré ce 26 juin. Nul doute que la diplomatie souterraine prendra le relais car la situation parait camouflet pour la France accusée d’activisme hostile qui la met au ban de l’AES. Une ex métropole qui a réagi à cette crise diplomatique au summum. Le Quai d’Orsay a en effet pris acte de cette mesure souveraine tout en la qualifiant « d’hostile et sans fondement » et en annonçant des mesures miroirs à l’égard du Burkina. Et en disant suivre de près la situation de la communauté française vivant au Faso. Les 2 pays pourront-ils se rabibocher et dans quelles conditions ? sous Macron ( peu probable) ou avec le prochain locataire de l’Elysée après la présidentielle de mai 2025.

Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana

COMMENTAIRES

WORDPRESS: 0
Aujourd'hui au Faso

GRATUIT
VOIR