Salut 2020 ! Deux défis impératifs : le terrorisme et la présidentielle

Salut 2020 ! Deux défis impératifs : le terrorisme et la présidentielle

Dans les grimoires de 2019, la pseudo-menace de l’équilibre de la terreur USA-Corée, la bagarre commerciale entre le dragon et l’aigle, les Gilets jaunes en France, les révolutions et révoltes, printemps arabes sur le tard … sans oublier le terrorisme au Sahel.

Malgré le fait que les populations burkinabè soient accoutumées depuis quasiment 5 ans à cette drogue que sont les prurits de l’actualité, plus d’un a été ébaubi par les sanglants évènements terroristes, souvent répétitifs jusqu’à la lie qui secouent la bande sahélo-saharienne. Plus 700 victimes et 500 000 déplacés.

Année endeuillée, qui a contraint le peuple burkinabè à adopter une posture résiliente, voire christique.

Des «guerres de pauvres», le Burkina-Faso jadis Haute-Volta, en a connu en 1974 et 1985, qui l’opposa au Mali, mais pas celle-ci «sans visage», et sans «front» frappant indistinctement les FDS et civils, et ne revendiquant rien, pas officiellement, de mémoire de Burkinabè point !

Après les ravageuses «errances» du terrorisme qualifié de revanchard attribué au régime déchu, le Burkina Faso s’est résolument attelé à faire face à ceux qui attaquent casernes militaires, mosquées, églises et temples.

Roch Kaboré tente d’incarner un chef de guerre qui n’a d’autre choix que d’aller combattre.

A cette mue régalienne et salutaire le président du Faso ajoutera-t-il le nécessaire et périlleux salto du dialogue ? C’est le 1er et impératif défi à relever en 2020. Trop de parlottes et les katibas se rient du Burkina, et tenteront d’installer leur fameux califat. Trop de guerre, et le Burkina devient un pays-poudrière, colorié en rouge sur les maps diplomatiques. Encore que la guerre se termine toujours autour d’une table…

L’ethique de conviction et celui de responsabilité de Max Weber

traversent de part en part le Faso. Ecce homo !

Au Mali, l’ombre d’Iyad Ag Ghali a plané sur le dialogue national inclusif tenu du 14 au 22 décembre, certains n’hésitant plus à invoquer un arbre à palabre avec le parrain des katibas du Sahel…

Roch acceptera-t-il de conjuguer le fusil avec l’offrande d’une agora avec ceux qui attaquent le Burkina ?

Les vicissitudes qui ont émaillé les 4 ans de son quinquennat ont impacté tout le pays, et il reste au 3e président civil du Burkina moins de 12 mois pour solder le compte sécuritaire, à tout le moins le circonscrire, en mieux sécurisant les zones terrorisées, condition indispensable pour la tenue de la présidentielle de novembre 2020, second cap national.

En principe, il doit avoir élection, et malgré le tour de Babel qui entoure sa tenue, liée à l’atmosphère terroriste, l’Etat doit œuvrer à son organisation à bonne date. La non-tenue des élections pour le Burkina, serait dommageable, car même en plus d’un terrorisme résiduel, la forclusion du mandat présidentiel ouvrerait la voie aux spécialistes et autres saprophytes des gouvernements ‘’de transition’’ «d’union nationale» et enfoncerait le pays en terra incognita. Des élections, sinon le Burkina devra faire face après 2020 à un autre fléau : les politiciens aux convictions nombrilistes et à la boulimie gargantuesque, incapables d’imaginer que la démocratie, c’est aussi la mobilité, le temps qui passe, le peuple qui change…

2020, année électorale par excellence sera donc aussi celle des calculs, du printemps de formations politiques et de mouvements citoyens, qui pousseront comme des champignons après hivernage antichambres de partis politiques, car en dépit du terrorisme ambiant, opposition comme pouvoir sont obnubilés par cette échéance, et rien que pour cela chacun devra travailler à trouver des solutions pérennes relatives au terrorisme.

L’année 2019 s’achève sur un scénario à tiroir donc, et le miroir du temps que consultent les politiques, lorsque ça les arrange, devrait inspirer ceux qui se sentent des ambitions nationales qu’il y a 2 façons de se perdre à l’échelle personnelle, comme étatique, par ségrégation muré dans le particulier, ou par dilation dans l’universel. Trouver le juste milieu, penser national, agir national, autant de vœux pour positiver en 2020. Bonne et Heureuse année.

Zowenmanogo Dieudonné ZOUNGRANA

COMMENTAIRES

WORDPRESS: 0
Aujourd'hui au Faso

GRATUIT
VOIR