Sept tués dans l’explosion d’un camion-citerne en RDC : Un drame de plus qui interpelle

Sept tués dans l’explosion d’un camion-citerne en RDC : Un drame de plus qui interpelle

C’est un nouveau drame qui frappe la République démocratique du Congo (RDC). Dans la nuit du mercredi 14 au jeudi 15 septembre 2022, l’explosion d’un camion-citerne transportant du carburant a fait sept morts et des blessés. Le drame s’est produit dans la localité de Mbuba, à Madimba, à quelques encablures de Kinshasa. Selon le gouverneur de la province du Kongo-Central,  qui évoquait un bilan lourd, l’explosion a par ailleurs fait «16 brûlés graves». Alors que les larmes n’avaient pas encore séchées, Guy Bandu a enfoncé le clou en évoquant la nécessité de renforcer la réglementation du transport en RDC. «Il est plus que temps de prendre des mesures draconiennes et courageuses pour renforcer la réglementation du transport, surtout celui des produits inflammables, pour mettre fin à ce cycle de sinistres. La Nationale numéro 1 ne devrait pas être un cimetière», a-t-il glissé.

A elles seules, ces deux phrases du gouverneur Bandu résument la pagaille qui caractérise le secteur des transports dans la capitale Kinshasa mais surtout ses corolaires dramatiques que l’on peine à énumérer. Il met le doigt sur un mal qui ronge les villes africaines. Ce mal pernicieux a fini par s’imposer comme un modèle ou encore une norme aux usagers de la route. A l’image de la capitale congolaise qui pleure aujourd’hui ses morts, c’est la majorité des capitales africaines qui vivent et fonctionnent au quotidien les entorses et viols au Code de la route. Entre stationnements gênants ou abusifs, ignorance des règles élémentaires du code de la route, non-respects des horaires de circulation, les cas de surcharges et la gangrène de la corruption…, la route est devenue une des principales causes de la mortalité dans nos pays.

Et comme c’est le cas à Mbuba, quand survient ce drame, les consciences s’éveillent pour quelques instants avant de retomber comme la clameur d’une foule en liesse. Il en a été ainsi pour les précédents drames et il est presque certain que celui-ci connaitrait le même sort. Passée l’émotion, on retombe dans les mêmes travers et les errements en attendant la prochaine hécatombe pour ressortir la même rengaine. Le gouverneur de la province du kongo-Central n’a rien inventé. Avant lui, d’autres autorités à travers le continent s’étaient offusquées face à des drames similaires, mais aucune action concrète n’a suivi ces déclarations qui frisent le populisme. «Prudence est mère de sûreté», a-t-on coutume de dire sous nos tropiques, mais dans les actes, combien sont-ils à faire siennes cette maxime ? Les pouvoirs publics veulent-ils vraiment mettre de l’ordre dans ce secteur dont les acteurs semblent trouver leur compte dans la «chienlit» qu’ils ont créée ?  En attendant donc, les «mesures draconiennes et courageuses», Mbuba pleure ses morts et demain n’est pas la veille. Cela passe d’abord par une réelle volonté politique condition sine qua non d’une politique de transport débarrassée de clientélisme, népotisme et de la corruption …et autres maux qui minent et empoisonnent ce secteur vital.

Davy Richard SEKONE

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