Sommet de l’OTAN et Sahel :  Les Africains doivent continuer à  se laver le visage

Sommet de l’OTAN et Sahel : Les Africains doivent continuer à  se laver le visage

Une chose à retenir du discours du président français Emmanuel Macron à quelques jours du sommet anniversaire de l’OTAN. Les 4 500 hommes de la force Barkhane ne quitteront pas de sitôt le Sahelistan. Mais la France ne veut plus être seule ni seule au front. Elle veut de l’appui. Une meilleure implication. Une autre implication. Plus vivace. Plus déterminante. Celle de l’OTAN. L’organisation a atteint l’âge de 70 ans. 70 bougies qu’elle soufflera dans une semaine à Londres.

Et elle semble être elle-même à la croisée des chemins. Assez en tout cas pour que depuis l’Hexagone, le président Macron estime qu’elle est en phase de «mort cérébrale». Deux mots qui ont créé une onde de choc et a suscité de nombreux commentaires. Les mots sont peu forts. Et les Etats-Unis, principal bailleur de fonds de l’organisation, n’ont certainement pas apprécié ce «diagnostic» pour le moins brutal et pas très diplomatique.

Le  chef d’Etat français semble toutefois avoir son idée. Elle a tracé son chemin et il est décidé à la suivre. Son objectif étant clairement de ne plus être la seule armée du côté de l’Occident à fouler les savanes et les dunes de sable du Sahel, il faut de quoi réveiller, voire choquer ses pairs pour les pousser à se secouer.

Et Emmanuel Macron a apparemment réussi. Du moins, à réveiller tout ce beau monde. Il reste à savoir si cela suffira pour voir les membres de l’OTAN se dépoussiérer pour prendre le chemin du Mali, du Niger, du Burkina ou du Tchad. Ont-ils compris, comme le président français le clame, que le véritable ennemi de l’OTAN est aujourd’hui le terrorisme, et précisément ses germes qui poussent des racines et prolifèrent au Sahel, faisant des promesses qui risquent d’être cauchemardesques pour l’ensemble du monde si elles venaient à se réaliser ? Il faut attendre Londres pour s’en faire une idée.

En attendant, du côté de l’Afrique, la politique de l’oisillon ne doit pas avoir de place pour s’installer. Les Occidentaux sont certes les auteurs d’une partie de ce qui arrive au Burkina (le verrou de la Libye sauté), ils vont certainement en pâtir (ils en pâtissent déjà, des Occidentaux ayant été tués lors d’attaques terroristes au Sahel pendant que d’autres ont été pris en otage), mais ils ne doivent pas porter  à bout de bras ce vaste territoire.

Les armées de ces pays se battent déjà. Elles ont payé de lourds tributs. Mais elles ne doivent pas baisser les bras. Stratégie, solidarité, échange et partage d’expérience, d’informations doivent être les maîtres-mots, pendant que les sangsues comme la corruption, les détournements et autres fenêtres d’infiltration doivent être exfiltrées de leurs rangs sans état d’âmes. Inutile de mentionner que tout ce travail de sarclage doit être mixé avec un travail de redistribution des richesses et de la guerre totale contre les injustices et les inégalités. En deux mots, le Sahel a certes besoin qu’on lui frotte le dos, mais il ne doit pas cesser de se rincer le visage.

Ahmed BAMBARA

COMMENTAIRES

WORDPRESS: 0
Aujourd'hui au Faso

GRATUIT
VOIR