Sommet de l’UA de Niamey : La Zlec c’est bien, la sécurité est meilleure !

Sommet de l’UA de Niamey : La Zlec c’est bien, la sécurité est meilleure !

Palais des congrès où se dérouleront les travaux du sommet en quasi-état de siège, les Hôtels Radisson, Bravia et Gaweye, bouclés par les forces de l’ordre, le tout coiffé par l’état-major de l’armée et le Conseil de sécurité qui réponde de a présidence.

Depuis quelques jours, Niamey a des allures d’une ville en guerre. Elle l’est, terrorisme oblige, mais, la présence d’une brochette de chefs d’Etat, à ce raout extraordinaire de l’UA explique cette haute sécurité, qui plus est se déroule au lendemain, d’une tuerie de militaires à Inates.

Pour l’occasion, l’hôte du sommet, le président Mahamadou Issoufou, n’a pas lésiné pour que tout se passe bien. Et en homme averti, le ‘’Lion de Tahoua’’ sait de quoi il retourne.

L’attaque du 1er juillet dernier,  selon le communiqué de l’armée a eu lieu une fois de plus dans une localité située près de la frontière avec le Mali.  «Le 1er  juillet, aux environs de 14 h 30 (15 h 30 en France), le poste militaire avancé d’Inates (…) a repoussé une attaque menée par des éléments terroristes», peut-on lire dans le communiqué du ministère de la défense. «Cette attaque a commencé avec l’explosion de deux véhicules kamikazes à l’entrée du camp suivie des tirs des terroristes venus à moto. La riposte avec l’appui aérien des partenaires [français et américains] a permis de mettre l’ennemi en déroute hors de nos frontières», poursuit le texte qui précise que «les opérations de ratissage se poursuivent».

L’attaque n’a pour l’heure pas été revendiquée mais c’est dans cette même zone que 18 combattants de l’organisation Etat islamique dans le Grand Sahara (EIGS) avaient été tués lors d’une opération conjointe des forces armées nigérienne, française et américaine menée du 8 au 18 juin dans l’Ouest du Niger.

Cette opération conjointe s’était déroulée dans la région frontalière nord de Tongo-Tongo où est actif un groupe de l’EIGS impliqué dans l’embuscade du 14 mai qui avait coûté la vie à 28 soldats nigériens. L’attaque de lundi survient au moment où Niamey accueille du 4 au 8 juillet un sommet de l’Union africaine (UA) qui doit réunir une cinquantaine de chefs d’Etat. Selon plusieurs sources, la capitale nigérienne, habituellement fortement militarisée, fait l’objet d’un déploiement de forces spéciales en vue de cet événement que les autorités considèrent comme important pour l’image du pays.

Est-ce encore les mêmes assaillants de l’EIGS quà Tongo Tongo? Dans ce G5-Sahel, le Niger pourtant dépourvu de moyen, est parvenu à circonscrire les équipées terroristes, si fait que c’est le Burkina et le Mali qui sont les maillons faibles de ce triangle des Bermudes sous sahel.

A la veille du jamborée extraordinaire de l’organisation continentale, de ce 4 juillet 2019, les terroristes auraient encore voulu qu’on inscrive la sécurité à l’ordre du jour qu’ils s’y seraient pas pris autrement. La zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC) c’est bien mais la sécurité est meilleure.

Doit-on craindre pour ce sommet que Niamey s’apprête à abriter en grande pompe car pas plus tard qu’il y a deux semaines l’entrée de la capitale avait été attaquée? Le dispositif sécuritaire sera-t-il en mesure de garantir un sommet à zéro-risque ?

Cette nouvelle attaque est une interpellation pour les pays du G5-Sahel, et par ricochet tout le continent    qu’il faudra s’armer d’abnégation et d’endurance pour y parvenir. Mais avant, il importe que lors de ce sommet, les chefs d’Etat africains dans leur majorité s’approprient ce combat et fassent preuve de solidarité à l’endroit des pays frappés afin que dans une synergie d’action, des actions concrètes soient lancées pour éradiquer ce mal pernicieux. C’est cela aussi le fondement de l’Unité africaine. Voler au secours de son frère ! En attendant l’aide extérieure en appoint.

Issoufou, a eu son sommet de l’UA et si tout se passe bien, il peut pavoiser, en attendant la présidentielle de 2021, qui si elle est bien conclue, par une passation de pouvoir sans heurts, le fera entrer dans l’Histoire, du moins dans le cercle qui s’ouvre de plus en plus mais encore restreint, des chefs d’Etat qui quittent les choses, avant que celles-ci ne les quittent.

Davy Richard SEKONE

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