Sommet de Pau sur le Sahel : Naissance d’un nouveau Vade-mecum anti-terroriste

Sommet de Pau sur le Sahel : Naissance d’un nouveau Vade-mecum anti-terroriste

Le Format 1+5 qui sera en aparté durant 1 heure, ce jour 13 janvier à Pau va réunir Emmanuel Macron et les 5 chefs d’Etat du G5-Sahel : Roch Kaboré, Idriss Déby, Mahamadou Issoufou, IBK et Gazouani :

– Conforter le partenariat dans le lutte contre le terrorisme ;

– Se pencher sur la problématique de la formation des forces spéciales de la zone ;

– Appuyer le retour de l’Etat dans les régions insécurisées ;

– Voir quelle stratégie de lutte contre le terrorisme ;

–  Elaborer une stratégie spécifique pour la zone des 3 frontières.

Ces différents points constitueront la quintessence de ce fameux raout restreint du Sud-Ouest de la France consacré au Sahel.

Puis le format sera élargi au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, au président de la Commission de l’UA, Moussa Faki, au représentant de l’UE. Ce cénacle aura sans doute à examiner d’autres sujets connexes, mais pas des moindres, telle l’implication des pays de l’UE notamment 6 pour épauler Barkhane, et la Force G5-Sahel.

Et même que la Libye, où apparemment les présidents Poutine et Erdogan, ont créé l’électrochoc, devrait figurer dans ces discussions élargies. (Lire page 8).

A quelque chose, malheur est bon, l’hécatombe d’Inates qui a fait reporter ce sommet initialement prévu le 16 décembre 2019, aura permis que les passions se tassent, que les polémiques s’estompent sur la manière du n°1 français d’annoncer cette rencontre, que les quiproquos s’amenuisent. Enfin, ce décalage, a permis aux 5 présidents de tenir un sommet au Niger pour peaufiner une sorte de mémoire en défense, relatif au ressentiment antipolitique française, véhiculé et par la vox populi et même par certains responsables politiques du Sahel.

Barkhane et la force G5-Sahel, ce sont ces deux sujets consubstantiels et transversaux, qui seront le menu principal des discussions de Pau.

– Qu’est-ce que les Sahéliens reprochent à la Force Barkhane au juste ? Que faire pour réajuster certaines insuffisances ?

– L’effectif des 4 500 hommes sera-t-il revu à la baisse, comme on le susurrait depuis septembre, et remis au goût du jour depuis la mort des 13 soldats français dans le crash des 2 hélicoptères ?

– Et déréchef combien d’hommes les 6 pays européens pressentis, pour prendre pied sur les dunes du sable sahéliennes, mettront-ils ?

– Comment Barkhane et cette cavalerie européenne qui arrivent, pourront-ils aider à mieux sécuriser la gorge des 3 frontières, ce fameux fuseau centre, souffre-douleur du katiba d’Al-Saharaoui, comme en témoigne, la tuerie de 89 Nigeriens à Chinagodrar le jeudi 9 janvier 2020 ?

– A la vérité, exception faite de la manière cavalière de le convoquer, ce petit jamborée de Pau, devait de toute façon se faire, car après 6 années de présence au Sahel, et une lutte acharnée contre les terroristes, et après l’avènement de la poussive force G5-Sahel, il fallait faire une halte pour inventaire et voir où poursuivre, avec Barkhane et les Forces armées nationales (FAN).

Ce sont des premiers responsables qui se rencontrent et au niveau de position qui est le leur, il n’y a pas d’état d’âme. Tout diagnostic doit être posé, les remèdes ébauchés tout en tenant compte chacun des intérêts de leurs peuples respectifs. Des sujets qui fâchent «l’arrière» du Sahel, c’est-à-dire l’opinion publique, médusée par exemple souvent de constater l’ampleur des victimes, causées par une horde de 200 terroristes fondant sur un casernement militaire, sans que les alliés avec leur technologie de pointe ne puissent les détecter sont au centre de cette rencontre. Oublieuse aussi cette opinion publique que les drones ne sont pas en l’air tout le temps, et ne couvrent pas toute l’immensité sahélienne. De ce genre de sujet querellé, aux solutions de lutte commune, Pau devrait marquer un reprofilage de Barkhane, et un genre de Vade-mecum de la collaboration Sahel-Barkhane-UE.

En tout cas, un sommet qui devra faire avancer la lutte contre le terrorisme, car c’est la seule guerre qui importe pour la zone, mais aussi qui explique cette OPEX française car, le Sahel, ne l’oublions pas, est la frontière sud de l’Europe de l’Ouest.

Zowenmanogo ZOUNGRANA

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