Sommet G5-Barkhane au Tchad : Même par césarienne la montagne de N’Djamena doit accoucher

Sommet G5-Barkhane au Tchad : Même par césarienne la montagne de N’Djamena doit accoucher

Sommet G5-Barkhane au Tchad : Même par césarienne la montagne de N’Djamena doit accoucher

 

Roch Kaboré du Burkina, Mohamed Gazouani de la Mauritanie, Mahamadou Issoufou du Niger, Bah N’Daw du Mali, et Idriss Déby du Tchad en présentiel à N’Djamena pour ce sommet ordinaire du G5-Sahel, alors que la figure tutélaire et diplomatique de ce quintuple regroupement, le Français Emmanuel Macron y participera à 6 000 km de là, en visioconférence. De même que le Belge Charles Michel. L’Allemande Angela Merkel, tendra également une oreille attentive vers la capitale tchadienne.

Sommet ordinaire sérine-t-on, mais sommet-bilan de Pau un an après lequel bilan  dont quelques bribes ont été lâchées le 9 février dernier au sénat français par Jean-Yves Le Drian, qui a estampillé ce raout de N’Djamena du sceau d’un triple «sursaut politique, diplomatique et développement». L’existant du G5-Sahel est déjà connu.

Depuis sa création en 2014, sécuritairement en tandem avec Barkhane, elle essaie d’avoir de la consistance. Pau a donné le ‘’la’’ de la force Takuba, qui fait du bon job dans la zone des 3 frontières. Depuis 3 ans, l’Alliance pour le Sahel tente l’autre arme contre le terrorisme, celle du développement du Sahel. Par des Programmes d’investissement prioritaires (PIP) qui visent à ériger des projets dans les régions frontalières de l’Ouest du Mali et de la Mauritanie, du centre du Burkina, du Mali et du Niger et l’Est du Tchad et du Niger ou encore par SOS Sahel qui a mis en place l’Initiative Verte, le G5-Sahel veut allier le fusil au développement.

Hélas, c’est le fonds qui manque le plus. Budgétisé à 423 millions d’Euros et en dépit des multiples réunions de bailleurs de fonds qui promettent de cracher au bassinet, dont la moindre des réunions n’est pas celle du 23 février 2018, le G5-Sahel est toujours sans argent adéquat pour accomplir son boulot. Ce 15-16 février 2021, sur le papier c’est un jamborée du G5-Sahel, mais peut-on parler de cette organisation sans son binôme Barkhane ?

Que nenni ! Immanquablement, la présence des 5 100 militaires français au Sahel, sera au cœur de ce sommet. Barkhane restera au Sahel, a confirmé Florence Parly la ministre des Armées de France, les Africains l’ont demandée, mais, cette présence est évolutive. Quelle sémantique revêt ce vocable «évolutive» ? La confirmation du départ des 600 soldats… le même nombre arrivé après Pau, et «très précieux selon le patron de Barkhane le général Marc Conruyt ? Comment peut et doit s’opérer le passage de témoin et à quand entre Barkhane et les forces armées du Sahel ? Le «sursaut diplomatique» dont a parlé Jean-Yves Le Drian, en évoquant l’Algérie devra être éclaircie aussi à N’Djamena. Quels sont les pays européens, exception faite de la Suède, de l’Estonie et de la Tchécoslovaquie, qui se sont manifestées, quelles autres nations occidentales sont prêtes à venir casser du djihadiste sur les dunes du sable du Sahel ?

Enfin, la question d’un arbre à palabre avec les djihadistes devra également être évoquée sans passion et sans fioritures. Si le Mali et le Burkina sont en inflexion, de même que la France, de façon sélective, sur cette question, ce dialogue avec les katibas, ne saurait être chaque fois snobée, ou traitée de façon marginale. A N’Djamena, inventaire d’un an de post-Pau, devra donc accoucher de quelque chose, même par césarienne .

 Sam Chris

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