Sommet du G5 Sahel au Niger :  Enième réunion appel-de-fonds à Niamey

Sommet du G5 Sahel au Niger : Enième réunion appel-de-fonds à Niamey

Un chanteur africain fredonnait un refrain qui laissait entendre que «l’argent appelle l’argent». Si seulement les réunions, les sommets et autres jamborées pouvaient faire pareil. Certainement que la force conjointe du G5-Sahel aurait ses coffres remplis à ras-le-bol de billets de banque pour être opérationnelle.

Pour le moment,  on  ne peut croiser les doigts et souhaiter que le sommet des chefs d’Etat du G5-Sahel qui a lieu à Niamey au Niger fera sortir de ses mamelles assez de lait pour humecter les lèvres de la volonté africaine de combattre le phénomène du terrorisme. Au G5-Sahel, les opérations de charme et de réglage se suivent et se ressemblent souvent comme des jumeaux siamois, et visent le même objectif : trouver l’argent pour boucler le Budget de 450 millions d’Euros et celui aussi pour la pérennisation de cette  opération censé succéder à Barkhane. Hier 6 février, encore une fois comme au Mali, en France, les Mohamed Abdelaziz, Roch Kaboré, IBK, Idriss Déby, Mahamoudou Issoufou qui se sont retrouvés à Niamey, en présence de la ministre française des Armées, Florence Parly pour parler de ce qui manque le plus : les financements !

Car, le besoin, est réel. Le restant des écots qu’attendent les pays membres est énorme. Les promesses de l’Union européenne, de l’Arabie Saoudite, des Etats-Unis n’ont pas fondamentalement contribué à faire retentir la caisse de la Force de façon satisfaisante. Les moyens pour renflouer régulièrement cette tirelire ne sont pas encore trouvés non plus. Cela veut que même si le fonds de démarrage venait à être trouvé, le nerf pour soutenir de façon continue et autonome cette guerre n’a pas encore été imaginé. De sorte qu’il n’est pas superflu ni exagéré d’avoir quelques élancements d’inquiétude à l’estomac sur la possible opérationnalisation de cette force. En fait, le nœud gordien du problème est moins le démarrage de cette force G5-Sahel que sa pérennisation qu’on devine coûteuse et longue. On a déjà un aperçu avec Barkhane qui coûte 40 milliards CFA aux contribuables français par mois. Qui pour tenir à bout de bras cette lutte contre le terrorisme dans le Sahel, avec des Etats tout aussi démunis en hommes formés (à l’exception du Tchad) qu’impécunieux ? On sait que les deux précédentes opérations transfrontalières ‘’Hawbi et Pagnali’’ ont coûté cher, mais G5-Sahel ne saurait se limiter à deux actions fussent-elles d’envergure. Quid par exemple des fuseaux Centre au Tchad et Ouest en Mauritanie ?

Mais, comme l’a dit un autre groupe musical en vogue sur le continent noir, «tant qu’il y a la vie, on dit toujours qu’il y a espoir». Le sommet ayant pu se tenir, un nouveau président élu (Mahamoudou Issoufou a en effet pris le sceptre du commandement des mains d’Ibrahim Boubacar Keïta), on peut toujours espérer que le bout du tunnel sera trouvé.

Sans compter qu’il faut retenir que ce sommet n’est que l’antichambre, l’arrière-boutique où sont préparés et apprêtés les plats qui seront servis le 23 février 2018 à Bruxelles à la table des donateurs. Pourvu seulement que le fumet soit alléchant ! Alors donc que les cinq chefs d’Etat enchainent rencontres sur rencontres, ils doivent ahaner à persuader des bailleurs de fonds obnubilés souvent par leur image ou trouvant en cette bande sahélo-saharienne le terrain de prédilection pour une guerre par procuration ou encore pour se donner bonne conscience. Cas de l’Arabie Saoudite qui a décidé de cracher au bassinet du G5-sahel 100 millions de dollars et dont l’irruption étonne tant par sa soudaineté que le montant de la somme. Cas aussi des Etats Unis d’Amérique qui réchignent à bilatéraliser son aide. En prenant le sceptre de la présidence de cette force G5-Sahel, le président nigérien Issoufou n’ignore pas l’immensité de la tâche, surtout que son pays fait partie des souffre-douleurs réguliers des djihadistes. Il sait que cet ènième cénacle de Niamey est encore un autre appel de fonds. Cap d’ailleurs sur le 23 février à Bruxelles pour une autre séance de séduction des donateurs .

Ahmed BAMBARA

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