Si hier dimanche, Sonko a tenu à montrer sa capacité de mobilisation des ouailles du PASTEF par un méga-meeting et son élection par 589 voix sur 589, la veille samedi, lors de l’ouverture du premier congrès du parti, c’est à un véritable discours d’affirmation de leader, nimbé de réquisitoire contre le président Diomaye Faye (sans avoir prononcé son nom) et tous ceux qui ont un pied dedans et un autre dehors dans le PASTEF qu’il s’est livré. Logorrhées panafricanistes, où il puise abondamment dans le bréviaire de la rupture révolutionnaire. Grand oral qui se veut une piqûre de rappel à tous ceux qui ont oublié que c’est grâce au PASTEF qu’ils sont au pouvoir, et qu’ils se doivent de défendre les idéaux du parti et non se complaire dans les privilèges y afférents. Pour Sonko, le « socle »de la «révolution» implanté par le PASTEF ne permet ni louvoiement, ni trahison !
En creux, son limogeage de la primature et la posture de la Coalition Diomaye président lequel semble ramer à contre-courant des valeurs que charrie le PASTEF et ses alliés. Evidemment, il rappelle à l’ordre tous ceux qui font fausse route, et congratule tous les ministres et DG qui ont refusé des strapontins pour se conformer à l’esprit du PASTEF. En filigrane, ce qu’il n’a eu de cesse de ressasser : la question monétaire et la reddition des comptes, problématiques centrales qui ont été la trame du PASTEF dans sa profession de foi lors de la présidentielle de mars 2024. En reconduisant son « candidat naturel » par un score de plébiscite à la tête du PASTEF, les partisans le confortent dans sa stature de figure iconique, mais aussi comme champion de la présidentielle de 2029. En effet, cet adoubement hier dimanche 7 juin 2026, dans la cuvette du stade de Diamniadio, apothéose à ce premier congrès du PASTEF, cette élection massive ressemble à une investiture d’un cornac à la présidentielle dans 3 ans. Et tout le narratif entendu ce week-end n’a d’autre but que de signifier que seul Sonko qui tient l’appareil PASTEF est le seul qualifié à porter les couleurs de cette formation. Et que ce sont les institutions qui comptent, non les individus Or, cette ligne de mire de 2029, est également très enviée par le chef de l’Etat Diomaye Faye.
Ce premier congrès marque un tournant en dépit des tentatives pour en minimiser la portée, car Sonko se drape des oripeaux du seul candidat légitime à la compétition électorale de 2029. Et donc un message à Diomaye Faye, de réviser sa position doctrinale mais aussi électoraliste. Que se passera –t-il après ce congrès qui carapace davantage Sonko dans son leadership ? L’Exécutif et le législatif et surtout le parti majoritaire trouveront- ils un aggiornamento pour sauvegarder le fragile rapport entre eux ? UNE
Aujourd’hui au Faso


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