Sortie de la procureure du Faso : L’ontologie des attaques s’est un peu épaissie

Sortie de la procureure du Faso : L’ontologie des attaques s’est un peu épaissie

Petit à petit, goutte à goutte, les informations filtrent sur ce qui s’est passé lors de cette fatidique date du 2 mars 2018  à Ouagadougou. On apprend beaucoup de choses. Hier 6 mars, 4 jours après l’innommable de l’ambassade de France et l’état-major général des armées, la procureure du Faso a rompu le silence, et a donné des informations sur lesdits évènements malheureux.

Sur les sicaires, leur profilage donné par la Thémis national tranche avec toutes les indications données jusque là. D’abord, qu’ils sont habillés en civil et non avec des tenues militaires burkinabè, contrairement aux premières informations. Ensuite, les présumées complicités internes ne sont toujours pas mises à nues. Enfin, la nationalité burkinabè des assaillants n’a pas encore été établie, même s’il est juste précisé qu’ils parlaient «bambara». Encore le Bambara n’est nullement, le dialecte propre au terroir burkinabè, mais couvre toute l’Afrique de l’Ouest. C’est dire, que la langue utilisée, ne saurait être un indice déterminant. Mais si on ne peut que louer cette sortie du parquet sur ces attaques, les infos distillées par Madame la procureure prennent le contre-pied, de certains témoignages, recoupements, et bien sûr des rumeurs. Néanmoins, beaucoup de Burkinabè sont désarçonnés par ces données qui font autorité, car émanant de sources judiciaires, qu’on sait étayées et circonstanciées. D’où l’épaississement de l’ontologie de ces attaques.

Subsistent des zones d’ombre. Et elles sont nombreuses. D’où sort-il que des témoins ont vu des hommes en tenue militaire burkinabè prendre d’assaut l’ambassade de France et le quartier général de l’armée burkinabè ? Est-il possible qu’ils les aient confondus avec les éléments des forces spéciales burkinabè qui sont intervenus pour mettre fin à la furie des assaillants avec brio ? Y-a-t-il un lien avec les 400 tenues militaires volées en mars 2017 ? C’est une piste qui pourrait être explorée et remettrait donc à plus tard l’hypothèse que les tenues militaires qui avaient été dérobées des magasins de l’armée n’aient servi pour ce coup-ci.

Ensuite, comment ont-ils pu accéder à la porte de l’état-major général des armées et à y accéder avec un véhicule ? En effet, il ressortirait que le véhicule des terroristes est rentré en tirant certes sur les sentinelles de faction au sein de l’état-major avant de déchaîner l’enfer avec des explosifs et kalach.  Mais avec une

telle facilité ! qui leur a vendu la mèche qu’un cénacle se ténait sur la Force G5-Sahel ? En un mot comme en cent, les sentinelles n’ont apparemment pas fait le poids. Mais il reste des points à mettre sur les «i» qui ont été décoiffés par l’apparente facilité avec laquelle l’état-major a livré ses entrailles aux envoyés du diable et qui ont pu ensuite y semer la mort, tout en détruisant des biens mobiliers et immobiliers.

Ce n’est que le début des investigations et sans doute pour les besoins de l’enquête, Maïza Sérémé n’a pas voulu déflorer certaines choses. Mais il reste qu’ultérieurement, les Burkinabè veulent être situés. Quid par exemple, sur les éventuels taupes et autre renégats qui auraient été d’intelligence avec les terroristes ? Au fait, quelles sont leurs nationalités ? Où ont-ils trouvé tous ces engins de guerre ? Bref, il faudra après éclairer la lanterne des Burkinabè, pour que Radio-couloir ne continue pas de colporter des informations erronées, cause de psychose et de déstabilisation. En attendant, hommage à ces soldats qui sont tombés avec les fiers galons de la mère patrie sur les épaules. Le chapeau se pose bas aussi à l’endroit de ces hommes et de ces femmes des Forces spéciales burkinabè et des forces armées nationales en général, qui sont intervenus avec professionnalisme et efficacité pour mettre fin à la nuisance maladive des assaillants.

Ahmed BAMBARA

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