Tensions entre le Tchad et la Centrafrique : Il faut que les flèches restent dans les carquois

Tensions entre le Tchad et la Centrafrique : Il faut que les flèches restent dans les carquois

De part et d’autre, de N’Djamena à Bangui, les sourires sont affichés sur les lèvres. On sourit. On rassure. Les dents sont même dehors ! Mais les rires sont jaunes. Le feu couve. Des soldats tchadiens sont envoyés en masse et se massent aux frontières de la Centrafrique, là où «l’affront» a été commis.

 A N’Djamena, on assure que ce n’est pas pour agresser le voisin centrafricain. Une juste petite mesure de sécurité, pour «sécuriser» le poste frontière, au cas où le «frère» africain aurait des velléités et surtout l’outrecuidance de s’attaquer  encore au géant africain de guerre, dont les biceps des warriors font trembler jusqu’aux terroristes barbus et non barbus du Sahel !

Du côté de Bangui, on reste aussi coi, les bras croisés, même si les regards restent dardés sur les mouvements des troupes tchadiennes. La patrie à Touadera a reconnu en effet avoir marché sur les platebandes de Déby fils et s’est confondu en béates excuses. La diplomatie a démarré son moteur et son ronronnement silencieux tente d’étouffer dans l’œuf un conflit dont les conséquences ne feront du bien, ni à l’un ni à l’autre pays.

La Centrafrique est en proie à situation de ni stabilité ni guerre qu’elle essaie de juguler en nouant des relations assez complexes et qui offusquent aux entournures certaines chancelleries européennes. Mais Touadera semble avoir fait le choix de la réalité et de la solution agissante plutôt que de se perdre dans des coopérations où il ne verra certainement pas poindre le jour à la vitesse voulue par sa volonté. Dans cette posture où il se fait aider par une béquille à polémique et que la RCA traverse toujours une zone de fortes turbulences, ce n’est assurément pas le moment de s’en prendre à peut-être plus fort que soi, ou en tout cas, à un parti qui semble plus solide sur ses jarrets et dont les estocades peuvent aggraver les plaies toujours béantes de l’instabilité centrafricaine.

Le Tchad est quant à lui dans une période de transition alambiquée où tout peut arriver. Mais surtout, même s’il a maté «ses» rebelles, il n’est pas exclu que ceux-ci décident encore de venir chercher noise à l’héritier d’Idriss Déby. Un autre front ouvert contre un pays qui dispose tout de même d’un appui russe ne viendrait pas créer la sérénité, surtout si Boko Haram décidait aussi de venir se mêler à l’affaire.

L’un dans l’autre, facette après facette, il serait mieux pour chaque camp que les flèches restent dans leurs carquois. Surtout, si chacun sait qu’il n’a pas été un ange dans cette histoire d’attaque de poste frontière…

Ahmed BAMBARA

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