Texte en 8 points non signé, élections prévues le 10 décembre 2018 : La foi de Macron et Salamé n’est pas contagieuse en Libye

Texte en 8 points non signé, élections prévues le 10 décembre 2018 : La foi de Macron et Salamé n’est pas contagieuse en Libye

Un engagement à minima non signé par les frères ennemis, lu en français et en arabe, lequel engagement sera soumis à l’appréciation des bases respectives de chaque camp, avant décision finale à la prochaine conférence dans deux ou trois mois. Telle est la maigre moisson à laquelle est parvenu le cénacle de Paris d’hier. Et pourtant le but visé était noble :

Mettre en place des institutions républicaines pérennes via des élections le 10 décembre 2018, en lieu et place du monstre bicéphale politico-militaire de Tobrouk et Tripoli qui cornaquent la Libye post-Khadafienne, c’était l’objectif majeur de ce premier conclave international consacré à ce pays et dont Emmanuel Macron en est l’instigateur. Une date du 10 décembre, non encore gravée dans le marbre de la Constitution, laquelle Loi fondamentale inexistante adviendra, soit avant soit après les votes, mais un timing électoral adossé surtout à un document comportant huit linéaments, qui sont autant de points cruciaux du retour de la Libye vers un Etat normal.

La solidité et la légitimité du texte de ce 29 mai auraient été imparables si et seulement si les sources c’est-à-dire le maréchal Khalifa Haftar, le premier ministre Fayez El Sarraj, le président du parlement, Aguila Salah, le patron du Haut conseil d’Etat, Khaled Al Mishri, et même les milices de Misrata et de Zinten, l’avaient signé.

Sans omettre l’importance de la présence d’autres qui comptent également de près ou de loin dans ce brûlant dossier notamment les présidents Denis Sassou N’Guesso, mandaté par l’UA, Mahamadou Issoufou du Niger, Idriss Déby du Tchad… Hélas ! Et on pense à la déception de deux personnes qui étaient à la baguette et qui ont crapahuté et cru fermement à un Accord paraphé: le président Emmanuel Macron et l’ambassadeur, Ghassam Salamé. Pour le chef de l’Etat français, l’adoption d’un texte qui régira les élections (lesquelles élections  devraient se tenir avant 2019) est un impératif catégorique. Référendum ou pas pour ce dernier, la Libye stabilisée, débarrassée des sanctuaires djihadistes et fermée aux cruels passeurs et aux pauvres migrants passe par une présidentielle et des législatives au plus tard avant décembre 2018. Quant au compétant Ghassam Salamé, c’est lui avec le quartet Haftar-Sarraj-Aguila et Al Mishri qui ont ébauché les lignes de l’engagement et jusqu’à la dernière minute, l’émissaire spécial onusien  a cru que les protagonistes signeraient. A l’évidence, la foi de Macron et Salamé n’a pas été contagieuse ! Même s’il est vrai, qu’il ne fallait pas trop rêver car cela relèverait du miracle si un agenda électoral était dégagé dans ce foutoir libyen. Déjà le 25 juillet 2017 à Celle-Saint-Cloud, on avait senti que Haftar et Sarraj n’étaient pas encore, et à l’évidence ne le sont toujours pas prêts à coopérer. Qui s’éclipsera au profit de qui dans cette guerre militaire, pétrolière et d’égo ? Entre ces deux, la fratrie de la tribu Khadafi et affiliés qui croient au candidat fantôme Seif El Islam, sans oublier les terroristes et les intérêts des entités de ce fourre-tout qu’est la communauté internationale, c’est rageant mais il n’y a manifestement pas place pour un timing électoral.

Le Service après vente (SAV) libyen ne peut se permettre cette faute politique. Il reste à espérer que le prochain jamborée sur ce non-Etat, laissé par le Qaid as Tawahra, le guide en arabe, il reste donc à s’accrocher à cette prochaine réunion, pour voir les lignes peut-être bouger et dire que Macron a vu juste de croire à l’encore impossible renaissance libyenne .

La Rédaction

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