Tour du Faso 2019 : Les insuffisances coupables des Burkinabè !

Tour du Faso 2019 : Les insuffisances coupables des Burkinabè !

Les lampions de la 32e édition éteints, l’heure est au bilan. Le capitaine Aziz Nikiéma et ses camarades ont sauvé les meubles en remportant 3 victoires d’étape, avec en prime, le deuxième maillot (le vert) important de la compétition. Le bilan aurait pu être plus reluisant, si quelques insuffisances n’avaient pas plombé les Etalons !

La 32e édition du Tour du Faso a sacré l’Angolais Manuel Antonio Dario, Nabab des routes du Burkina. Les Burkinabè eux, ont sauvé la face en glanant 3 victoires d’étape par l’entremise de Mathias Sorgho (Nagréogo–Tenkodogo) et Bachirou Nikiéma, d’abord sur l’étape Bobo–Diébougou, et ensuite lors de la dernière étape, où il a éclaboussé le peloton de sa classe de grand sprinteur.

S’il est vrai qu’on n’organise pas pour gagner, il est tout aussi vrai qu’on n’organise pas pour perdre. De ce point de vue, débuter la compétition par un exercice (prologue) qui était défavorable aux Etalons, revenait à se tirer une balle dans le pied. Rien ne justifie qu’une organisation choisisse délibérément d’entamer une compétition par le point faible de ses ambassadeurs. Sous prétexte qu’il faut innover, le comité d’organisation présidé par le commandant Yasnémanégré Sawadogo a plombé d’entrée les Etalons, qui comptaient 21s (35s de retard en temps réel) de retard sur les 6 coureurs angolais. 21 secondes peuvent paraître dérisoires, mais dans le domaine du cyclisme, elles peuvent s’avérer déterminantes.

Qu’à cela ne tienne, les Etalons parviendront à réduire considérablement cet écart lors de la 2e étape. Le Burkina enregistre du même coup sa première victoire d’étape, sur un sprint rageur de Mathias Sorgho. Dès lors, on se dit que rien n’est perdu. C’était sans compter avec l’étape Tenkodogo – Dapaong où les signes de mauvaises coordinations, tant au niveau des coureurs que de l’encadrement technique se sont dénudés. Comment expliquer qu’une échappée composée de plusieurs coureurs burkinabè, avec une avance de plus de 2 mn, se fasse avaler dans les derniers kilomètres ? Faudra bien que les responsables nous expliquent si le mal s’est trouvé au sein des coureurs ou si c’est l’encadrement technique qui a étalé ses lacunes sur les collines de Dapaong.

Quoi qu’il en soit, l’étape Dédougou-Bobo a véritablement révélé les insuffisances du staff technique des Etalons. Recluses dans un projet tactique qui n’épousait nullement le niveau que les visiteurs ont insufflé à la compétition, les directives absurdes, quand elles ne sont pas contradictoires, ont complètement mis les Etalons hors course. Le meilleur burkinabè (Paul Daumont) est arrivé 3 mn et 42s après le vainqueur de l’étape, le suisse Jonas Doring. Dans les rangs burkinabè, le mieux classé au général accusait un retard de 3 mn et 49s sur le porteur du maillot jaune. Dès lors, le rêve de la première marche du podium se noyait dans le fleuve aux silures du Sya.

Il faut reconnaitre que le niveau était élevé. Lorsqu’on circule sur Charles de Gaulle à 39 km/h ou qu’on remporte le Tour de Côte d’Ivoire en dessous de 40 km/h, on fait moins le mariole face à des athlètes qui vous imposent un rythme de plus de 45 km/h. Néanmoins, avec le «cœur et le patriotisme» qu’on leur connait, comme le disait si bien le ministre Daouda Azoupiou, nos garçons auraient pu tenir la dragée haute à ces visiteurs. Hélas, quelques prestidigitateurs incrustés dans la fédération et le staff technique ont bradé la sueur des Etalons cyclistes. A cela, il faut ajouter les longs transbordements que l’UCI ne manquera certainement pas de relever. Vainqueur de la dernière étape, Bachirou Nikiéma le meilleur Burkinabè termine la compétition à plus de 3mn du maillot jaune. Il est peut-être temps que les uns et les autres prennent conscience de la gravité du mal qui ronge la petite reine.

Hamed JUNIOR

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