Une quarantaine de tués à Yoro et Gangafani 2 : L’interminable prurit intercommunautaire se poursuit au Centre du Mali

Une quarantaine de tués à Yoro et Gangafani 2 : L’interminable prurit intercommunautaire se poursuit au Centre du Mali

23 mars à Ogossagou : 134 peuls tués-9 juin à Sobane : 95 victimes Dogons, ramenés au nombre de 35 par l’Etat. 17 juin à Yoro et Gangafani 2: 41 morts. Même soudaineté, même méthode systématique de donner la mort, même mode opératoire et quasiment la même passivité des forces armées maliennes dont une des bases a été alertée selon les autorités communales. Sans suite.

Le Centre de Mali, en particulier la région de Mopti, se mue subrepticement en une immense nécropole, causée par des assaillants dont l’Etat a du mal à identifier.

Pour Ogossagou, c’est la milice dogon Dan Na Ambassagou qui est accusée, pour Sobane, les peuls. Qui sera désigné coupable pour Yoro et Gangafani 2 ?

A peine plus d’une semaine après l’innommable de Sobane, voilà donc le Centre du Mali, encore une fois meurtri par de cruels croquants, surgis toujours de nulle part, perchés sur des motocyclettes, et s’étant octroyé des permis de tuer.

Demain et après-demain, on verra encore le ministre de la sécurité malien venir présenter ses condoléances aux rescapés, il sera suivi du président IBK qui compatira lui aussi, et tiendra mutatis mutandis les discours d’Ogossagou et de Sobane.

Mais, où est l’Etat malien au centre du pays, en proie désormais aux démons intercommunautaires, djihaidstes et autres coupe-jarrets ? il est limpide que le pouvoir central ne peut pas circonscrire ce genre de drame. A moins, à moins qu’en plus de la présence des soldats maliens, pour donner le change, le Mali explore d’autres pistes au nombre desquelles, une conférence nationale des populations du Centre, et la négociation avec ceux aussi qui peu ou prou sont des acteurs incontournables de cette pétaudière : Amadou Koufa du Front de libération du Massina (FLM) et Iyad Ag Ghaly du Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM). Peut-être que c’est en voie ou le Mali le fait déjà.

Et si l’Etat malien daignait pour une fois écouter par exemple International Crisis group qui prône cette diplomatie souterraine ?

Il y a urgence, car l’incandescence du djihadisme septentrional que tentent de juguler, Barkhane, la MINUSMA, ce gros foyer de violences au Nord s’est transposé au Centre du Mali, sous la forme d’un interminable prurit intercommunautaire dont les macchabés commencent à donner le tournis.

Il y a péril en la demeure de l’ex-Soudan français car la digue n’a pas encore cédé mais il y a des fuites, des parties se craquellent et au-delà des discours, il faut sauver Mopti et ses alentours, au-delà des peuls, des Dogons, des Bambaras, c’est tout un grand pan du Mali qu’il faut pacifier. Et le pays doit d’abord compter sur ses propres initiatives, viendront en appoint les soutiens des partenaires.

Hélas, en attendant le centre continue à couler des larmes, à voir des populations se coucher le soir, le ventre noué par la peur, car ne sachant pas si elles verront les premiers rayons de l’aurore . Une

La Rédaction

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