« Où que je sois, je continue à servir exclusivement notre pays et son peuple. Bonne semaine guinéenne. Rien ne nous empêchera de continuer à servir le pays et d’atteindre notre objectif. »
Ce sont là les mots de Mamady Doumbouya sur son compte X, tordant le cou aux échafaudages sur son état de santé et les implications y relatives. C’était ce 8 août 2026, soit 5 jours après son départ avec sa famille pour une farniente bien méritée en Grèce. Un départ corrélé d’abord à la désignation d’une sorte de #régence# temporaire de la Guinée confiée au général Amara Camara, le ministre secrétaire général de la présidence et fidèle parmi les fidèles.
À des milliers de kilomètres de là, au Cameroun, son homologue Paul Biya, absent du pays depuis le 7 juin 2026, n’en finit pas de susciter toutes sortes de dires sur son cas. Parti pour# un court séjour# en Suisse, son lieu de villégiature habituelle, Biya n’a plus fait signe depuis 61 jours. Il aura battu son propre record en matière d’absence du Cameroun, car son plus long sejour hors du Cameroun était de 50 jours et datait de 2018.
« Il est loin du pays, mais suit les affaires d’État. Ainsi, il rentrera bientôt », clament maintes fois ses lieutenants, notamment le ministre de la Communication, Emmanuel Sadi, ou encore le secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, lesquels sont montés au créneau pour contrer les rumeurs devenues virales sur les réseaux sociaux.
Deux pays africains, deux chefs d’État dont la santé provoque tous les jugements et commentaires, des plus farfelus aux plus sérieux. En Guinée, Facebook, TikTok et YouTube ont été bloqués ; les citoyens s’en remettent à des VPN pour y accéder.
Y a-t-il un lien entre le blackout des réseaux sociaux et les spéculations sur l’état de santé de l’homme du 5- septembre ? Par exemple le déplacement à l’aéroport Sékou Touré du ban et de l’arrière ban du tout- Etat ,de la hiérarchie de l’armée et diplomates, certains avec des mines déconfites, ce déplacement n’était pas un au-revoir mais a pris des allures d’un adieu, ce qui a contribué à rendre plus vitale la toile
Pourquoi le cas Biya est devenu une martingale en Afrique ? parceque c’est rare qu’un chef d’Etat gouverne à distance et étalé sur la durée .
Au-delà des deux exemples des présidents guinéen et camerounais, se dresse une problématique corsée — ou plutôt un tabou hérité des cosmogonies africaines dans lesquelles le chef ne tombe jamais malade et ne meurt pas, mais s’éclipse. C’est à la limite un démiurge, un demi-dieu. Parler de la santé d’un chef sous les tropiques, c’est presque commettre un sacrilège. Il n’y a pas qu’en Afrique : même en Europe aussi, le secret médical des présidents est souvent géré avec parcimonie.
Et pourtant, un chef d’État, fût-il un ex-légionnaire ayant crapahuté dans la jungle guyannaise reste une personne soumise aux lois de Dame-nature, sujet aux coups de barre, ayant besoin de repos et pouvant tomber malade. À plus forte raison un nonagénaire comme le président camerounais, qui tient le gouvernail de son pays depuis 44 ans.! Si après 90 ans on ne peut pas avoir de bobos…
Le problème est d’apprendre à jouer franc jeu avec ses compatriotes , de ne pas tomber dans la cachotterie et d’en faire un secret d’État à tout bout de champ au sujet de la santé de ces princes. C’est vrai qu’un chef d’État n’est pas n’importe qui, mais le devoir de communication reste essentiel pour informer les citoyens. Dans ces deux cas d’espèce, les peuples camerounais et guinéen ont droit à l’information, car entretenir le mystère risque à la longue de provoquer l’effet inverse.
C’est pourquoi il est grand temps, au-delà de la frénésie qui agite les palais d’Étoudi et de Mohammed V à Conakry, d’apporter l’information juste. À ce propos, la démarche de Mamady Doumbouya, qui a publié une photo de lui en vacances, s’avère parlante : l’image vaut mille mots. En ce qui concerne Paul Biya, en revanche, une communication plus claire s’impose, même si le président camerounais a habitué ses compatriotes à ce mode de gouvernance à distance et à des absences interminables pendant lesquelles le pays fonctionne sans lui.
Aujourd’hui Au Faso


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