Victoire de Macky Sall au Sénégal : Après le coup K.O, éviter le chaos

Victoire de Macky Sall au Sénégal : Après le coup K.O, éviter le chaos

Karim Wade et Khalifa Sall écartés, le boulevard était moins encombré pour rester dans le fauteuil présidentiel. Idrissa Seck, Ousmane Sonko et compagnie auraient pu gêner et empêcher les 58% des suffrages de se réaliser. Mais finalement, aux dires de la Commission de recensement des votes, ils n’ont pas pu faire barrage au coup K.O.

Et voilà donc Macky Sall remis en selle pendant cinq autres années pour tenter de donner du sens au «Sénégal émergent», son programme de société qui n’a pas encore convaincu 41% des Sénégalais et qui l’ont signifié pendant ce scrutin.

Mais l’ensemble de la classe politique du pays de la Téranga peut s’enorgueillir du taux de participation culminé à 66,23%, en hausse par rapport à 2012 où il était à 51,8%. Les candidats ont par conséquent eu le mérite de réussir à intéresser leurs compatriotes à la chose politique.

Il reste maintenant à scruter les conséquences de ces résultats. A près de 60% des voix, Macky Sall pourrait ne pas avoir à s’inquiéter de sa facilité à gouverner. Mais, il lui faudra tenir compte des mécontents de sa gouvernance et du contrecoup de l’utilisation de la justice comme arme politique. Le chef de l’Etat doit être conscient que ses concitoyens ne sont pas tous enthousiastes pour sa réélection et devra par conséquent en tenir compte dans ce second mandat, dont l’objectif le plus important est d’inscrire son nom dans les annales de la bonne gouvernance au Sénégal. Les défis restent énormes à relever et les chantiers ont besoin de connaître des avancées.

Du côté de l’opposition politique, les mines ne sont pas guillerettes. Idrissa Seck, Ousmane Sonko, Madické Niang et Issa Sall ont déclaré qu’ils rejetaient en bloc les résultats, mais, chose inquiétante, qu’ils ne déposeraient pas non plus de recours. Mais alors, que comptent-ils faire ? En bons démocrates, ils devraient toquer à la porte de la légalité et éviter d’entrebâiller  la fenêtre qui ouvre sur le gouffre du chaos et de la chienlit.

Le pays de Sembène Ousmane et de Léopold Sédar Senghor a habitué l’Afrique à être un exemple à suivre dans la construction de la démocratie. Ce modèle doit rester un phare qui ne doit pas s’assombrir. Aux Sénégalais donc de savoir raison garder et à Macky Sall de se comporter en bon père de famille.

Ahmed BAMBARA

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