Victoire  de Touadéra en RCA : Aider le réélu à cesser de rouler le gros caillou de Sisyphe

Victoire  de Touadéra en RCA : Aider le réélu à cesser de rouler le gros caillou de Sisyphe

L’incertitude qui a entouré le scrutin jusqu’à la dernière minute avait retenu les attentions de part et d’autre. Hier 4 janvier 2021, soit moins de deux semaines après la tenue de l’élection présidentielle en République Centrafricaine (RCA), on connait le verdict des urnes. Comme l’avaient pronostiqué plusieurs observateurs, le président sortant Faustin Archange Touadéra a été déclaré vainqueur par l’Autorité nationale des élections (ANE) avec 53,92% des suffrages. Anicet-Georges Dologuélé de l’Union pour le renouveau en Centrafrique (URCA) arrive en deuxième position avec 21% des suffrages. Il devance une autre figure de l’opposition en la personne de Martin Ziguélé du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) 7,46%.

Comme il fallait s’y attendre, ces résultats qui ouvrent la voie à un second mandat pour le président Touadéra suscitent des levées de boucliers au sein de l’Opposition. Organisée sous la pression des groupes armés dont le parrain n’est nul autre que l’ex-président François Bozizé (grand absent de cette élection), ce scrutin mais oh combien présent par la foultitude de rebellions  crée plus de problèmes qu’il n’en résout et le président réélu Touadéra devra l’admettre.

Elu sous les coups de fusils des groupes armés qui avançaient vers Bangui, Touadéra se trouve aujourd’hui comme un président d’une partie de la RCA dont près de 80% du territoire est contrôlé par les groupes hostiles. En clair, même si l’ANE se félicite d’un taux de participation honorable, c’est-à-dire plus de 70%. Ce taux ne concerne que 910 000 votants infime par rapport à l’ensemble du corps électoral. cette élection remet au goût du jour, l’épineuse question de la légitimité des présidents élus en Afrique. Combien de Centrafricains se sont rendus aux urnes le 27 décembre dernier ?   La peur au ventre, quelques centaines d’entre eux avaient réussi à glisser leur bulletin dans l’urne, mais que représentent-ils réellement ?

Certes, en politique, le boycott n’a jamais servi ses adeptes. Mais en jouant sur deux fronts Bozizé qui avait invité à voter pour Dologuélé avant d’appeler au boycott des opérations de vote, a impacté le déroulement de cette élection. Peur et surrenchère ont inhibé le processus électoral.

A présent, auréolé d’une victoire qui lui tendait déjà la main, Touadéra devra désormais œuvrer à ramener la paix dans toute la Centrafrique ballotée par les assauts répétés des groupes armés tels que l’UPC, la CCP. Cela y va de son bilan après cette mandature, car, comment pourrait-il dérouler son projet de société dans un pays occupé dans plus de sa moitié par 14 seigneurs de guerre ? Le deuxième défi qui se dresse devant lui reste sans conteste le cas Bozizé, qui constitue à n’en point douter une menace permanente pour la République. Avec les derniers développements, le patron du Kwa Na Kwa vient de démontrer qu’il n’a rien perdu de son influence. Pour ne pas dire sa capacité de nuisance. Et n’eut été la présence de forces armées étrangères notament les 13 000 hommes de la MINUSCA, des Rwandais et des Russes dont les actions ont permis de repousser plusieurs percées, cette élection serait restée lettre morte et un vœu pieux. Face à un homme de sa trempe, et dont la capacité de faire mal est restée intacte malgré plusieurs années d’exil, il convient de manier le bâton et la carotte, car cela y va de paix et de la stabilité, dans ce pays. Tant qu’à faire, la communauté internationale, l’ANE et certainement la Cour constitutionnelle vont avaliser ces élections. Car, il fallait choisir entre réculer ou les annuler  et faire choir la RCA dans l’inconnue permanente, une transition ou plutôt un piège sans fin, ou tenir ces votes, et essayer de consolider un Etat failli.

Le choix ne se discutait. A présent, il faut aider Touadéra à cesser de ahaner avec le gros caillou de Sisyphe, par l’instauration de l’Etat, partout en RCA, pas seulement à Bangui, réconstitué une vraie armée les  FACA, et rétrouver une RCA des années 60, russtique mais un Etat tout de même sous Barthélémy Boganda Touadéra, comme l’a suggéré la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) doit dans l’urgence, organiser un nouveau dialogue national inclusif, dans l’espoir d’empêcher une nouvelle escalade de la violence avec les groupes armés et faire rentrer les bandits dans les rangs .

Davy Richard SEKONE

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