Viol et féminicide en Guinée: il faudra  légiférer en Afrique 

Viol et féminicide en Guinée: il faudra  légiférer en Afrique 

L’émoi est à son paroxysme et le tollé est général après la mort M’Mah Sylla, une jeune femme des suites d’un viol présumé par des médecins dans une clinique privée de Conakry. Cette jeune célibataire de 25 ans diplômée en secrétariat, est « décédée samedi à Tunis où elle avait été évacuée pour des soins suite au viol dont elle avait été victime dans une structure hospitalière » de la capitale guinéenne, selon un communiqué du gouvernement.

Selon les faits, elle s’est rendue en août dans cet établissement situé dans la banlieue de Conakry, selon la presse locale. Les raisons de son passage dans cet établissement n’ont pas été précisées. Après le viol présumé, la jeune femme avait ensuite été évacuée en octobre par les autorités à Tunis pour des soins dont la nature n’a pas été précisée. L’affaire très vite ébruitée a abouti à l’inculpation puis à l’arrestation de trois personnes. Selon le parquet les trois médecins sont inculpés de « viol, avortement, administration de substances nuisibles, risque causé à autrui et complicité ».

Ce féminicide qui remet au goût du jour la lancinante problématique des violences faites aux femmes, constitue une des plaies de nos sociétés plongées dans une phallocratie qui ne dit pas son nom. Au moment où plusieurs pays tentent de s’attaquer à cette pratique d’un autre âge, il est inconcevable que des femmes continuent de subir la loi des masculins mus par des pulsions incontrôlées. Jusque-là, il ne se passe pas un jour sans qu’une fille ou une femme ne soit victime  de harcèlement de tout genre ou d’agression de la part d’un prédateur sexuel. Ces crimes silencieux et l’omerta qui caractérise le viol fait les choux gras de ces actes condamnables. C’est pourquoi, il faut œuvrer à lever le voile sur ces pratiques en libérant la parole à ces millions de victimes et potentiels « proies » de viols.

Les féministes qui à chaque scandale de ce genre, montent sur leurs grands chevaux et prennent d’assaut les rues à coups de slogans devront occuper l’espace par des actions pérennes. C’est à ce prix qu’ils (elles) pourront arracher des acquis en matière de législation en faveur de ce combat qui s’annonce encore long et douloureux.  A ce titre, l’Amérique latine où la reconnaissance juridique du féminicide est une réalité devrait les inspirer.

Davy Richard SEKONE

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