Violences post-électorales au Bénin : Ce non-lieu qui flirte avec l’impunité

Violences post-électorales au Bénin : Ce non-lieu qui flirte avec l’impunité

Des conclusions d’un expert qui ne concluent à rien, sept macchabées qui sont morts de leur belle mort puisqu’aucune balle de fusil n’a été retrouvée dans leur corps et un non-lieu tonitruant prononcé par un juge d’instruction. C’est l’épilogue, sur le plan judiciaire, des violences qui ont éclaté au lendemain des législatives au Bénin et qui avaient coûté la vie à sept Béninois.

A croire que ces manifestants ont reçu la visite de la Faucheuse par le biais de coups de bâton et de lattes, sans aucune intervention humaine, du moins, par le moyen d’une arme létale. Ces Béninois sont morts  d’une mort provoquée par des « auteurs inconnus ». De bien sinistres inconnus….

Et par voie de conséquence, les opposants qui avaient crié sur tous les toits que leurs compatriotes ont été fauchés par des balles de fusil devaient être simplement victimes d’hallucinations. Les hallucinations sont assurément fréquentes et impossibles à éviter, surtout lorsqu’on se rend compte que des élections législatives ont lieu et qu’on ne fera certainement pas partie de l’hémicycle, bon an, mal an.

Mais le plus hallucinant serait de conclure aussi facilement que ces hommes fauchés l’ont été par des  « auteurs inconnus » et qu’on ne cherche pas à lever le voile sur eux. A supposer que ces sept Béninois n’aient pas été tués par balle, c’est que leur mort a été causée par quelque chose. De quoi s’agit-il ? Ont-ils été tués  à l’arme blanche ? Des coups de bâton ? Etranglés ? Et pendant qu’ils étaient mis à mort, il n’y avait véritablement aucun témoin dans ce Bénin qui était à l’époque des faits parcouru de manifestants et de forces de l’ordre ?

Ces questions perdent cependant de leur superbe si on les place dans l’ambiance générale qui prévaut au Bénin, et surtout, dans le hamac de ce dialogue politique que le président Patrice Talon avait daigné ouvrir, boudé par les opposants, mais qui avait conclu à une proposition d’amnistie générale, pendante d’ailleurs à l’Assemblée monocolore sortie de façon controversée des urnes.

Qu’à cela ne tienne, l’amnistie ne signifie pas absence de crime et encore moins un voilement desdits crimes. De plus, la loi n’a pas encore été adoptée. De ce fait, elle ne devrait pas commencer à faire effet alors qu’elle n’existe pas encore. Du reste, une amnistie efface des crimes commis et connus. Comment amnistier alors des auteurs d’homicide qui sont … « inconnus » ?

Pour sûr, l’épisode de ces législatives et de son service après-vente  sera la tache noire du mandat de Patrice Talon.

Ahmed BAMBARA

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