Virage à 180° de la junte au Soudan, après une centaine de tués : Le départ de ces spadassins urbains est la solution

Virage à 180° de la junte au Soudan, après une centaine de tués : Le départ de ces spadassins urbains est la solution

On aurait pu dire en temps normal que l’ontologie du mystère s’épaissit chaque jour qui passe au Soudan ou plutôt, à chaque acte du Conseil militaire de transition, puisque les compagnons d’Omar El Béchir n’hésitent pas à virer à 180 degrés du jour au lendemain. Difficile en effet de déchiffrer cette gigantesque mare à café qu’est devenue la situation au Soudan, où les militaires soufflent tantôt sur des braises, tantôt sur la glace.

En 24 heures, après avoir rompu de façon cavalière le dialogue avec l’Association des professionnels du Soudan (APS) et l’Alliance pour la Liberté et le Changement (ALC), et surtout après avoir massacré plus d’une centaine de personnes, voilà que celui qui a chaussé les patogasses d’El Béchir, le général Abdel Fattah Al-Burhan himself appelle ses vis-à-vis à une nouvelle table ronde, à une énième palabre «dans l’intérêt du pays». Mais de qui se moquent ces militaires ?

Les 9 mois de transition qu’il imposait la veille sont oubliés, de même que les chasses à l’homme, et ce sang versé entre dimanche et lundi.

Al-Burhan pousse le dantesque jusqu’à la caricature, en vantant dans un discours de Tartufe nimbé de cynisme le nationalisme soudanais, le vivre-ensemble, les valeurs que porte la révolution déclenchée le 19 décembre 2018.

Quid des victimes tombées sous les balles assassines des spadassins urbains ? D’où vient alors qu’il manifeste sa compassion aux familles endeuillées ?

De 2 choses l’une :

1) Soit les militaires qui se sont rendus compte qu’ils ont franchi l’irréparable essayent de recoller les morceaux, par un discours lénifiant.

2) Soit ils sont pris entre le marteau des manifestants, et l’enclume de la pression internationale, en l’occurrence l’Amérique et l’Arabie Saoudite.

La seconde hypothèse semble être la plus plausible et la plus vraisemblable car ce discours surréaliste d’Abdel Fattah Al-Burhan intervient alors que les sicaires du général Hemetti, n°2 de la junte, c’est-à-dire la  garde prétorienne enrobée en Force de Soutien Rapide (FSR), continuent leurs basses besognes en pourchassant toujours ceux qui ont organisé le sit-in, tout en semant misère et désolation à Khartoum.

Le Conseil militaire de transition, a fait toucher le fond au Soudan, et ni ses condoléances feintes, ni l’invite à de nouvelles négociations, encore moins, à un canevas électoral ne pourront tenir la route. Au demeurant, peut-on organiser des élections, en enjambant des dizaines de cadavres ?

Cette posture du criminel, qui fait mine de se repentir, tout en continuant ses activités criminelles qui caractérise la junte soudanaise enjoint l’APS et l’ALC et tous les Soudanais épris de justice, de paix et de démocratie, à se mettre débout, pour bouter les militaires hors du pouvoir.

Et si ce sont les Etats-Unis d’Amérique et l’Arabie Saoudite, 2 soutiens du Soudan qui ont contraint ces soldats à ce  rétropédalage, il faudra que ces 2 mentors terminent le boulot, en aidant les Soudanais à prendre leur destin à main, c’est-à-dire à choisir librement par les urnes des dirigeants civils qui les gouverneront, au lieu d’un succédané du régime déchu. Car à présent, les Soudanais en viennent à se demander, pourquoi avoir chassé Omar El Béchir, si c’est pour le remplacer par peut-être pire ? Omar El Béchir et ses tombeurs militaires sont formatés dans le même moule, c’est bonnet blanc, blanc bonnet.

Et les Soudanais, des premiers responsables de l’APS-ALC, à ceux des partis politiques, tous ont vu juste de refuser cette main dégoulinante de sang d’Abdel Fatah Al-Burhan. La seule exigence des Soudanais est désormais le départ pur et simple de leurs frères en tenue, qui les tuent. Tous en caserne ! Et Américains, Arabes et Occidentaux doivent agir fissa pour sauver ce peuple en danger. Et si ce n’est pas le cas, la seule guerre que les Soudanais seront amenés à faire est civile.

La REDACTION

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