Wagner au Mali : Le Sahel tenaillé entre Takuba et les ESSD russes

Wagner au Mali : Le Sahel tenaillé entre Takuba et les ESSD russes

Imminente signature d’un deal entre la Transition malienne, et ceux qu’on désigne sous l’acronyme de ESSD pour entreprises de services de sécurité et de défense, plus connu sous le nom de Wagner, du nom de cette société de sécurocrates russes.

 Accord donc dans les tuyaux, visite dans la foulée de Sadio Camara, le ministre de la défense malienne à Moscou le 4 septembre dernier avec à la clef, un entretien avec le vice-ministre russe Alexandre Fromine sur des projets de coopération militaire et sécuritaire en Afrique de l’Ouest. La russafrique n’a jamais connu autant de regain au Sahel ces derniers temps. Et ce tropisme moscovite de la junte malienne pourrait accréditer la croyance selon laquelle elle serait stipendiée par le Kremlin. Peut-être aussi qu’une éradication du terrorisme au Mali avec l’aide russe serait un usufruit politique pour Goïta dont les intentions sur la présidentielle demeurent brumeuses.

Levé par Reuters, le lièvre Wagner, serait donc en train de vouloir débarquer sur le sable malien un millier de ses mercenaires pour former les FAMA (tâche dont elle s’acquitte déjà en Centrafrique tout en préemptant les richesses hydriques et minières de l’ex-Oubangui-Chari) et veiller à la sécurité des hauts dirigeants du Mali. Une tâche au confluent de la barbouzerie et de la haute sécurité qui sera payée selon toujours la source Reuters (repris par l’AFP) à 6 milliards de F CFA soit 9,15 millions d’Euros. Les Popov prennent donc pied au Sahel après la Libye, le Soudan, Madagascar et surtout la Centrafrique où ils ont remplacé Sangaris, cette autre OPEX française qui a fait son paquetage en octobre 2016

Un appel d’air russe au Sahel qui semble turlupiner Paris. A preuve, Macron s’en est ouvert à l’Elysée à Vladimir Poutine, et selon des sources proches de l’Hôtel de Brienne et du Quai d’Orsay, la venue de ces paramilitaires russes, est étudiée au binocle en France et même qu’un redéploiement en quantité des soldats français du Mali vers le Niger pourrait être accéléré. Bref, la zone des 3  frontières pourrait grouiller de plus de soldats tricolores. Mais en plus, si effectivement le Mali met le cap sécuritairement sur la mer noire, la France s’inquiète sur un éventuel repli des Etats-Unis d’Amérique, alliés indispensables dans le dispositif de la lutte contre le terrorisme au Sahel particulièrement en matière de logistiques et de renseignements. Pire, l’arrivée de Wagner vue de Paris, pourrait même effaroucher les 9 pays qui sont en train de mettre leurs 600 hommes dans Takuba pour guerroyer contre l’EIGS dans la zone des 3 frontières. Un scénario du pire qui signifie une déflagration totale du Sahel, déjà en proie à des partitions de fait, à la multiplication des katibas et coupe-gorges de tout acabit. Le Mali, et de facto le Sahel seraient-ils le lieu de bataille entre les 2 puissances que sont la France et la Russie ? Et pourquoi ces 2 pays se toisent-ils autant pour la sécurité au Sahel ? On peut à la limite comprendre la France qui a des liens historiques avec l’Afrique de l’Ouest, et les pays du Sahel concernés par le terrorisme. Mais là encore, d’aucuns commencent à trouver que face aux résultats en-deçà des attentes, le Sahel doit se défendre seul ou trouver des alliés plus efficaces. C’est peut-être à ce niveau également qu’on peut expliquer cet interventionnisme russe. Le vide laissé par Barkhane doit être rempli.

Mais en lame de fond demeurent quelques questions :

– Est-ce pour la prétendue immense nappe phréatique enfouie dans le Sahel que les puissances ne veulent pas «lâcher» les lieux ?

– Ou le pétrole qui y dort selon certains pour lequel malgré la bataille pour le climat et l’environnement, on préfère y être ?

– A moins que ce ne soit encore pour les prétendues grandes réserves d’or sur lequel veillent jalousement les hommes bleus, ces Touaregs magnifiés par les touristes occidentaux ?

Voilà pour le moment le Sahel tenaillé entre Takuba et Wagner, mais un Sahel qui doit penser à lui d’abord à sa survie, à ses populations, à ses intérêts, car à un certain niveau, les grandes puissances de ce monde trouvent toujours entre eux un gentleman agreement laissant parfois l’Afrique le bec dans l’eau. En attendant, pourquoi la France, la Russie et les autres pays occidentaux ne se mettraient-t-ils pas ensemble pour aider ce Sahel contre les terroristes ?

La REDACTION

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