William Ruto confirmé élu par la Cour suprême au Kenya : «Un débrouillard» milliardaire à l’épreuve du pouvoir

William Ruto confirmé élu par la Cour suprême au Kenya : «Un débrouillard» milliardaire à l’épreuve du pouvoir

Exit un remake du scénario 2017 que caressaient Raila Odinga et ses ouailles. Voici venus les jours de William Ruto ou plutôt la Nation des débrouillards Hustler Nation) dont l’élection a été confirmée par la Cour suprême laquelle avait invalidé le même scrutin, il y a 5 ans.

Pour cette cuvée 2022, tous les recours de l’éternel opposant et éternel perdant Odinga, n’ont pas eu de suite favorable. Pourquoi Ruto a gagné ? D’abord, parce que son message de campagne a touché les électeurs, car battue sur sa propre expérience personnelle de self made man. Quand on s’empare du pouvoir suprême, les biographes et autres hagiographes mélangent le vraisemblable, de ce qui est enjolivé. L’histoire invérifiable veut que le président élu au Kenya, ait porté sa première paire de chaussures à 15 ans, qu’il ait trimé sur les bords des routes de la vallée du Rift à vendre des œufs et des poulets avant de devenir le Tycoon … financier qu’il est. Ensuite, il a gagné parce que tout en restant vice-président alors que ses relations avec le président sortant, Uhuru Kenyatta sont très mauvaises, il a su capitaliser la sympathie de certains Kikuyus, l’ethnie majoritaire, laquelle ethnie n’a d’ailleurs pas entériné le «deal» de Uhuru, qui a misé sur Raila Odinga, lequel a passé des années à les vilipender. Rétrospectivement, Ruto peut aussi remercier le président Daniel Arap Moi, sous le règne du quel son étoile a commencé à luire, il a été élu député sous lui, mais aussi son actuel adversaire Uhuru Kenyatta, qui a fait de lui son colistier en 2013.

Voici donc un «débrouillard» milliardaire à l’épreuve du pouvoir suprême. Que fera-t-il de sa gouvernance dans un Kenya, classé comme pays à revenu intermédiaire mais qui pourtant comporte de nombreux défis et pas des moindres. 3 Kenyans sur 7 ont moins deux dollars selon la Banque mondiale, qui indexe aussi une inflation grimpante ces dernières années.

La croissance qui oscillait entre 5 et 6% est retombée sous les coups de boutoirs du Covid-19 à 0,3% en 2021. 30,8% de la population sont dans la pauvreté. Et les institutions de Brettons Wood, notamment la Banque mondiale estime que la non-soutenabilité de la dette est «très élevée».

Alors, il faudra à William Ruto pour qu’au moins la majorité de ses compatriotes puissent améliorer leurs quotidiens, à défaut de se transformer en Crésus, il faudra que le «débrouillard» milliardaire puisse booster certains secteurs comme l’économie de service (46,5% du PIB), l’Agriculture (37,5% du PIB) et surtout résorber le chômage des jeunes, dont 75% des moins de 35 ans en sont victimes.

Généralement, on dit que ceux qui sont déjà nantis lorsqu’ils arrivent au pouvoir, n’ont plus cette propension à piller les richesses du pays. Ruto confirmera-t-il cette règle ? Fera-t-il de la lutte contre la corruption autre fléau, une de ses priorités ? Résultats et réponse à l’épreuve du pouvoir.

La REDACTION

COMMENTAIRES

WORDPRESS: 0
Aujourd'hui au Faso

GRATUIT
VOIR